Mais il est triste de se dire - \r\nQu'on a gaspillé sa jeunesse, - \r\nQu'on l'a trahie à chaque instant - \r\nEt qu'elle nous l'a bien rendu, - \r\nQue les meilleurs de nos désirs, - \r\nQue les plus pures rêveries - \r\nSont allés à la pourriture - \r\nComme les feuilles de l'automne.

À lire aussi de Alexandre Pouchkine

Heureux celui qui fut jeune en son jeune âge, heureux celui qui sut mûrir à temps.
Les passions sont imprudentes. Faut-il leur en faire grief ?
L'on avait débouché plusieurs bouteilles de vin du Caucase et du Don, charitablement accueillies sous le nom de vin de Champagne les visages commençaient à s'empourprer les conversations se faisaient plus bruyantes, décousues et joyeuses.
Mais, feu et flamme, la jeunesse - \r\nNe peut jamais dissimuler. - \r\nHaine ou amour, joie ou tristesse, - \r\nelle a besoin de vous parler.
Le Caucase est sous moi. Venu seul jusqu'en haut - Je domine la neige au-dessus de l'abîme; - Puis un aigle envolé d'une lointaine cime - Vers moi plane, immobile, et reste à mon niveau.
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L'habitude est un don du ciel, - Qui fait office de bonheur.
Les passions sont imprudentes. Faut-il leur en faire grief ?
Je me rappelle un jour d'orage; - J'étais jaloux de tous ces flots - Qui venaient, chacun à son tour, - Ramper, pleins d'amour, à tes pieds ! - J'aurais voulu, comme la mer, - Effleurer ces pieds de mes lèvres !
Mortels ! vous êtes tous semblables - A Eve, notre bonne aïeule : - Ce que vous tenez vous ennuie. - Toujours le serpent vous attire - Vers les mystères de son arbre. - Il vous faut du fruit défendu. - Sans quoi l'Eden est insipide.
Peut-être notre âme craintive - Devant la jeunesse du monde - Se souvient-elle des années - Qui plus jamais ne reviendront.