Pour un militaire, une guerre qui se termine, c'est pire que tout.
❧
M. Pericourt n'avait pas insisté, bataille perdue d'avance. Il s'était contenté, prudent, d'imposer des limites. Chez les bourgeois cela s'appelle un contrat de mariage.
◆
À lire aussi de Pierre Lemaitre
Le véritable danger pour le militaire, ce n'est pas l'ennemi, mais la hiérarchie.
Ce qui est difficile ce n'est pas d'être chômeur, c'est de continuer à vivre dans une société fondée sur l'économie du travail. Où que vous tourniez les yeux, il n'est question que de ce qui vous manque.
Les catastrophes tuent tout le monde, les épidémies déciment les enfants et les vieillards, il n'y a que les guerres pour massacrer les jeunes gens en si grand nombre.
Malgré son agacement, M. Péricourt avait vis à vis de Labourdin des bontés d'agriculteur. Expliquez-moi ça, lui disait-il parfois avec cette patience qu'on ne prodigue qu'aux vaches et aux imbéciles.
Dans la même œuvre
Mourir le dernier, c'est comme mourir le premier, rien de plus con.
On imagine souvent que les puissants sont grands, on est surpris de les trouver normaux.
Un militaire, vous lui retirez la guerre qui lui donnait une raison de vivre et une vitalité de jeune homme, vous obtenez un croûton hors d'âge.
Somme toute, une guerre mondiale, ça n'était jamais qu'une tentative de meurtre généralisée à un continent.
Certes, la guerre avait été meurtrière au-delà de l'imaginable, mais si on regardait le bon côté des choses, elle avait permis aussi de grandes avancées en matière de chirurgie maxillofaciale.