Les idées n'étant accessibles aux foules qu'après avoir revêtu une forme très simple, doivent, pour devenir populaires, subir souvent les plus complètes transformations. C'est surtout quand il s'agit d'idées philosophiques ou scientifiques un peu élevées, qu'on peut constater la profondeur des modifications qui leur sont nécessaires pour descendre de couche en couche jusqu'au niveau des foules.

À lire aussi de Gustave Le Bon

En politique et en religion, le rêve des convaincus fut toujours de pouvoir massacrer sans pitié les hommes qui ne pensent pas comme eux.
Gouverner c'est pactiser, pactiser n'est pas céder.
Une politique ne tenant compte que de l'heure présente est toujours d'ordre inférieur.
Si l'athéisme se propageait, il deviendrait une religion aussi intolérante que les anciennes.
Si intense soit la haine entre peuples, elle n'est jamais aussi vive qu'entre les partis politiques d'un même peuple.
Toutes les citations de Gustave Le Bon →

Dans la même œuvre

Connaître l'art d'impressionner l'imagination des foules c'est connaître l'art de les gouverner.
Les civilisations n'ont été créées et guidées jusqu'ici que par une petite aristocratie intellectuelle, jamais par les foules. Les foules n'ont de puissance que pour détruire. Leur domination représente toujours une phase de barbarie.
Quand l'édifice d'une civilisation est vermoulu, ce sont toujours les foules qui en amènent l'écroulement. C'est alors qu'apparaît leur principal rôle, et que, pour un instant, la philosophie du nombre semble la seule philosophie de l'histoire.
Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit, qui s'accumule.
Ce n'est pas le besoin de la liberté, mais celui de la servitude qui domine toujours dans l'âme des foules. Elles ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître.