Refuser d'obéir à un chef, à une loi, à une croyance, en un mot à une contrainte, c'est se condamner à n'avoir pour guides que des impulsions instinctives et retourner, par conséquent, à l'état de barbarie dont les peuples mirent tant de siècles à sortir.
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Ce n'est pas le besoin de la liberté, mais celui de la servitude qui domine toujours dans l'âme des foules. Elles ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître.
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Le passé est formé d'événements définitivement fixés. L'éphémère présent devient rapidement un passé, fixé à son tour. L'avenir se compose d'éléments non fixés encore, mais déterminés déjà par l'état présent.
Les révolutionnaires russes ont oublié de méditer ce mot de Napoléon : L'anarchie ramène toujours au pouvoir absolu.
Ne nous plaignons pas trop de voir l'hypocrisie gouverner les hommes. Le monde deviendrait vite un enfer si elle en était bannie.
Si les syndicats groupaient seulement des intérêts matériels similaires leur influence serait faible; mais, en associant des mécontentements et des haines, ils acquièrent une grande puissance révolutionnaire.
Dans la même œuvre
Connaître l'art d'impressionner l'imagination des foules c'est connaître l'art de les gouverner.
Les civilisations n'ont été créées et guidées jusqu'ici que par une petite aristocratie intellectuelle, jamais par les foules. Les foules n'ont de puissance que pour détruire. Leur domination représente toujours une phase de barbarie.
Quand l'édifice d'une civilisation est vermoulu, ce sont toujours les foules qui en amènent l'écroulement. C'est alors qu'apparaît leur principal rôle, et que, pour un instant, la philosophie du nombre semble la seule philosophie de l'histoire.
Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit, qui s'accumule.
L'unanimité de nombreux témoins est une des plus mauvaises preuves que l'on puisse invoquer pour établir un fait.