La politesse est une petite chose, qui en prépare de grandes.
❧
Le pessimisme est une tristesse, qui finirait par nous décourager de vivre. Or c'est la joie qui est bonne, c'est le courage qui est nécessaire.
◆
À lire aussi de André Comte-Sponville
Toute vertu est un sommet, entre deux vices, une ligne de crête entre deux abîmes.
« Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux! » Cette formule de Woody Allen dit peut-être l'essentiel : que nous sommes séparés du bonheur par l'espérance même qui le poursuit. La sagesse serait au contraire de vivre pour de bon, au lieu d'espérer vivre. C'est où l'on rencontre les leçons d' Épicure, des stoïciens, de Spinoza ou, en Orient, du Bouddha. Nous n'aurons de bonheur qu'à proportion du désespoir que nous serons capables de traverser. La sagesse est cela même : le bonheur, désespérément.
N'attendons pas d'être sauvés pour être humains.
Disons-le en une formule : l'amour pur, c'est le contraire de l'amour-propre.
Dans la même œuvre
Cela me fait penser à cette devinette, qui nous vient d'Europe centrale : Sais-tu quelle différence il y a entre un optimiste et un pessimiste ? - Le pessimiste est un optimiste bien informé.
Les optimistes ont bien de la chance. Les pessimistes, bien du travail. Que les premiers n'oublient pas d'être prudents, ni les seconds d'aimer la vie.
Tout homme qui se laisse aller est triste. Tout homme qui agit l'est moins.
On est jamais trop lucide, et mieux vaut, dans le doute, noircir le tableau au moins intellectuellement, que l'enjoliver : cela évitera imprudences et désillusions.
On n'est jamais trop volontaire, jamais trop actif, jamais trop résolu. Mieux vaut agir qu'espérer ou trembler. C'est la sagesse des stoïciens, ou plutôt c'est ce qu'il y a de stoïcien en toute sagesse.