On est jamais trop lucide, et mieux vaut, dans le doute, noircir le tableau au moins intellectuellement, que l'enjoliver : cela évitera imprudences et désillusions.

À lire aussi de André Comte-Sponville

Disons-le en une formule : l'amour pur, c'est le contraire de l'amour-propre.
La politesse est la première vertu, et l'origine peut-être de toutes.
C'est l'amour qui fait vivre, puisque c'est lui qui rend la vie aimable. C'est l'amour qui sauve c'est donc lui qu'il s'agit de sauver.
Les livres n'ont pas d'importance: il n'y a que la vie qui importe, et seuls méritent d'être lus les livres qui se mettent à son service - seuls méritent d'être lus, en conséquence, les auteurs qui savent que les livres n'ont pas d'importance!
Que vaut l'absoluité des principes, si c'est au détriment de la simple humanité, du bon sens, de la douceur, de la compassion?
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Dans la même œuvre

Cela me fait penser à cette devinette, qui nous vient d'Europe centrale : Sais-tu quelle différence il y a entre un optimiste et un pessimiste ? - Le pessimiste est un optimiste bien informé.
Le pessimisme est une tristesse, qui finirait par nous décourager de vivre. Or c'est la joie qui est bonne, c'est le courage qui est nécessaire.
Les optimistes ont bien de la chance. Les pessimistes, bien du travail. Que les premiers n'oublient pas d'être prudents, ni les seconds d'aimer la vie.
Tout homme qui se laisse aller est triste. Tout homme qui agit l'est moins.
On n'est jamais trop volontaire, jamais trop actif, jamais trop résolu. Mieux vaut agir qu'espérer ou trembler. C'est la sagesse des stoïciens, ou plutôt c'est ce qu'il y a de stoïcien en toute sagesse.