Le Net était devenu, pour celles qui n'avaient plus leur mère, le principal filon des remèdes de bonne femme et autres conseils féminins.

À lire aussi de Laura Kasischke

Parfois, je me demandais si je n'avais pas envie de faire certaines choses juste pour pouvoir le relater dans mon journal, de la même manière qu'il était difficile de dire ce qui était plus important pour mon beau-père : l'événement en lui-même ou la pellicule photo qui en enregistrait chaque seconde.
Pour la première fois, elle comprenait le sens d'échec et mat et ce que cela signifiait que d'être un simple pion.
Au cours de cette période aussi brève qu'étrange, on avait entrevu la possibilité d'un mode de vie entièrement différent. Il s'agissait d'un bienfait collatéral à l'effondrement de l'économie, à la dévastation causée par la grippe de Phoenix. Les règles présidant aux comportements de toute nature changèrent du jour au lendemain.
Pourquoi faisons-nous tous des rêves étranges ? Pourquoi le sommeil n'éteint-il pas nos cerveaux, comme on éteint une lampe ?
Quand germent les superstitions et qu'on commence à les confondre avec la vérité vraie, c'est le début de la fin pour la civilisation. Nous ne pouvons nous permettre de penser en termes de chance ou de malchance.
Toutes les citations de Laura Kasischke →

Dans la même œuvre

On pouvait vivre avec le chagrin s'il ne s'accompagne pas de regret.
Pourquoi avait-elle, jour après jour, à ce point l'impression de donner dans l'imposture.
Rien, absolument rien, ne rend la mort aussi croyable que d'être en situation de voir, de toucher le corps de l'être aimé.
Si les veuves devaient se vêtir de noir pendant au moins un an et se coiffer différemment, c'était afin d'être méconnaissable quand leur mari se lancerait à leur recherche.
Du reste, la pratique de la crémation, qui nous paraît être une des façons les plus modernes de traiter la dépouille mortelle, trouve là son origine. Si le corps est réduit en cendres, il ne peut y avoir de réincarnation, de retour.