Les têtes pensantes de l'islamisme radical misent leur rêve dément d'un califat universel sur le dépérissement de nos fondements moraux. Ils misent sur une confusion funeste : la défense de notre liberté et ses scories « libertaires » entretenues dans un climat de dérision permanent par le système consumériste. Ils misent sur le toboggan nihiliste où nous sommes lâchés.
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Le divorce est une foutaise d’adultes, ils confondent tout, les pauvres, l’amour et la conjugalité, l’amour et la sexualité. Comme tu me l’as si bien expliqué, le charme cesserait si Yseut devenait madame Tristan. Nous continuerons de nous aimer entre les mailles de leurs filets. Clandestinement. Je l’aime, notre clandestinité.
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Les mots sont plus souvent des fardeaux que des messagers.
Nos pauvres gouvernants misent à côté de la plaque en nous serinant qu’il faut penser à l’avenir plutôt qu’au passé. L’avenir, on s’en fout. D’ailleurs l’avenir ça n’existe pas. Tandis que, pour un Français, le passé sera toujours le temple d’un culte, public ou privé, et une maison de famille où les portraits d’ancêtres sortent de leur cadre et vaquent comme s’ils avaient toujours vingt ans.
Une vieille, c’est laid, ma petite Hélène. On n’y peut rien. Tu es belle comme un abricot, un jour tu seras laide comme un pruneau.
Presque tous ceux que j'admire sont morts, J'ai dû venir au monde trop tard.
Dans la même œuvre
Minuit vient de sonner. Musique triste de la pluie sur les carreaux. Le temps coule avec lenteur, grain après grain dans son sablier géant.
Passé la soixantaine, les élans romantiques ne sont plus de saison. Le moteur a des ratés, la carrosserie des éraflures. On compte ses abattis et ses points de retraite. On commence à pressentir que l’escale ici-bas connaîtra une fin sous une dalle ou dans une urne, au choix. Les patients de mon âge, que j’ai connus fringants, en ont tous rabattu sur leurs illusions, leurs aspirations, leurs ambitions ; ils se calfeutrent pour tenir la vieillesse à distance. Ou affectent de la défier, mais je les connais trop, ils en ont tous peur.
Passé la soixantaine, les élans romantiques ne sont plus de saison. Le moteur a des ratés, la carrosserie des éraflures. On compte ses abattis et ses points de retraite. On commence à pressentir que l’escale ici-bas connaîtra une fin sous une dalle ou dans une urne, au choix.
Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cœur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.
Amant, c’est un statut à l’aune d’autrui. J’avais peur que la délicatesse parfumée du mot ne se dilue dans la mélasse du vocabulaire convenu, liaison, maîtresse. Adulte et adultère, ça rime. Je n’avais jamais été un adulte, je l’étais moins que jamais : pas question de devenir adultérin en me donnant corps et âme à la seule aventure qui vaille.