Amant, c’est un statut à l’aune d’autrui. J’avais peur que la délicatesse parfumée du mot ne se dilue dans la mélasse du vocabulaire convenu, liaison, maîtresse. Adulte et adultère, ça rime. Je n’avais jamais été un adulte, je l’étais moins que jamais : pas question de devenir adultérin en me donnant corps et âme à la seule aventure qui vaille.

À lire aussi de Denis Tillinac

A l'heure des bilans tu regretteras moins tes égarements que tes renoncements dictés par la prudence ou par la peur.
Sois simple comme bonjour. Ce qui te personnalise ne doit apparaître qu’à ton insu.
L'Europe, c'est l'espace du catholicisme et du protestantisme sécularisé. En niant cet héritage, on vide le mot de tout contenu car les droits de l'Homme, la démocratie, la laïcité ne sont plus l'apanage de notre continent. La droite considère que le triptyque inscrit aux frontons de nos édifices publics — liberté, égalité, fraternité — a sécularisé le message évangélique, et que dans le polythéisme barbare vendu à flux tendu par la société de consommation, ces trois mots, hélas, ne valent pas plus cher à Paris qu'à Londres ou à Washington.
Pour préserver la cohésion et maintenir l'harmonie, il a fait souvent semblant de ne pas voir, de ne pas savoir, de ne pas entendre.
Le mot bonheur est un générique, on peut y mettre pêle-mêle les menus plaisirs, les joies grand-angle ou simplement la paix des cœurs et les conforts qui l’enjolivent.
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Minuit vient de sonner. Musique triste de la pluie sur les carreaux. Le temps coule avec lenteur, grain après grain dans son sablier géant.
Passé la soixantaine, les élans romantiques ne sont plus de saison. Le moteur a des ratés, la carrosserie des éraflures. On compte ses abattis et ses points de retraite. On commence à pressentir que l’escale ici-bas connaîtra une fin sous une dalle ou dans une urne, au choix. Les patients de mon âge, que j’ai connus fringants, en ont tous rabattu sur leurs illusions, leurs aspirations, leurs ambitions ; ils se calfeutrent pour tenir la vieillesse à distance. Ou affectent de la défier, mais je les connais trop, ils en ont tous peur.
Passé la soixantaine, les élans romantiques ne sont plus de saison. Le moteur a des ratés, la carrosserie des éraflures. On compte ses abattis et ses points de retraite. On commence à pressentir que l’escale ici-bas connaîtra une fin sous une dalle ou dans une urne, au choix.
Le divorce est une foutaise d’adultes, ils confondent tout, les pauvres, l’amour et la conjugalité, l’amour et la sexualité. Comme tu me l’as si bien expliqué, le charme cesserait si Yseut devenait madame Tristan. Nous continuerons de nous aimer entre les mailles de leurs filets. Clandestinement. Je l’aime, notre clandestinité.
Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cœur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.