Œuvre

Dictionnaire amoureux de la France (2008)

L'avantage d'être un peu poète, c'est de s'approprier les lieux sans devoir passer chez le notaire.
Nos élus ne cessent de pondre des lois burlesques et une pléthore de fonctionnaires sont commis à la mise en application de règlements abscons, incohérents, souvent courtelinesques.
Tout écrivain est porté à cultiver ses nostalgies, la recherche du temps perdu étant son obsession, presque sa raison d'être.
J'ai la France facile, comme d'autres ont le vin gai ; je l'ai au cœur et sous la semelle de mes godasses. Je suis français, ça n'a pas dépendu de moi et ça n'a jamais été un souci. Ni une obsession. Toujours un bonheur.
Presque tous ceux que j'admire sont morts, J'ai dû venir au monde trop tard.
Dans l'imaginaire des Français, la Provence est l'allégorie d'un Paradis à la fois luxuriant et un peu enfantin.
L'histoire de France est une page blanche en forme d’hexagone sur laquelle chacun de nous dessine les figures d'une fantasmagorie : la sienne.
Toute cause semble attrayante à un cœur juvénile, aucune n'est claire si l'on prend le moindre recul.
Nos pauvres gouvernants misent à côté de la plaque en nous serinant qu’il faut penser à l’avenir plutôt qu’au passé. L’avenir, on s’en fout. D’ailleurs l’avenir ça n’existe pas. Tandis que, pour un Français, le passé sera toujours le temple d’un culte, public ou privé, et une maison de famille où les portraits d’ancêtres sortent de leur cadre et vaquent comme s’ils avaient toujours vingt ans.