L'Europe, c'est l'espace du catholicisme et du protestantisme sécularisé. En niant cet héritage, on vide le mot de tout contenu car les droits de l'Homme, la démocratie, la laïcité ne sont plus l'apanage de notre continent. La droite considère que le triptyque inscrit aux frontons de nos édifices publics — liberté, égalité, fraternité — a sécularisé le message évangélique, et que dans le polythéisme barbare vendu à flux tendu par la société de consommation, ces trois mots, hélas, ne valent pas plus cher à Paris qu'à Londres ou à Washington.
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Les mots sont plus souvent des fardeaux que des messagers.
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L'homme de droite n'est pas moins révolté que l'homme de gauche face à l'injustice et à la cruauté. Il convertira éventuellement sa révolte en action, mais sans l'enrégimenter dans un projet révolutionnaire. Il peut haïr la société ; il peut cultiver le pessimisme le plus noir ; il aime la vie au naturel, et le bonheur auquel il aspire, c'est hic et nunc […]
Répudie les « ismes » racoleurs, ils décervellent leurs dupes avant de les embastiller.
Les têtes pensantes de l'islamisme radical misent leur rêve dément d'un califat universel sur le dépérissement de nos fondements moraux. Ils misent sur une confusion funeste : la défense de notre liberté et ses scories « libertaires » entretenues dans un climat de dérision permanent par le système consumériste. Ils misent sur le toboggan nihiliste où nous sommes lâchés.
L’amour pour de vrai n’a ni pitié ni tolérance, il veut régner ou mourir.
Dans la même œuvre
Minuit vient de sonner. Musique triste de la pluie sur les carreaux. Le temps coule avec lenteur, grain après grain dans son sablier géant.
Passé la soixantaine, les élans romantiques ne sont plus de saison. Le moteur a des ratés, la carrosserie des éraflures. On compte ses abattis et ses points de retraite. On commence à pressentir que l’escale ici-bas connaîtra une fin sous une dalle ou dans une urne, au choix. Les patients de mon âge, que j’ai connus fringants, en ont tous rabattu sur leurs illusions, leurs aspirations, leurs ambitions ; ils se calfeutrent pour tenir la vieillesse à distance. Ou affectent de la défier, mais je les connais trop, ils en ont tous peur.
Passé la soixantaine, les élans romantiques ne sont plus de saison. Le moteur a des ratés, la carrosserie des éraflures. On compte ses abattis et ses points de retraite. On commence à pressentir que l’escale ici-bas connaîtra une fin sous une dalle ou dans une urne, au choix.
Le divorce est une foutaise d’adultes, ils confondent tout, les pauvres, l’amour et la conjugalité, l’amour et la sexualité. Comme tu me l’as si bien expliqué, le charme cesserait si Yseut devenait madame Tristan. Nous continuerons de nous aimer entre les mailles de leurs filets. Clandestinement. Je l’aime, notre clandestinité.
Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cœur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.