L'homme de droite n'est pas moins révolté que l'homme de gauche face à l'injustice et à la cruauté. Il convertira éventuellement sa révolte en action, mais sans l'enrégimenter dans un projet révolutionnaire. Il peut haïr la société ; il peut cultiver le pessimisme le plus noir ; il aime la vie au naturel, et le bonheur auquel il aspire, c'est hic et nunc […]

À lire aussi de Denis Tillinac

Avant de prendre la parole, apprends à maîtriser ta langue, à ordonner ta pensée et à hiérarchiser tes coups de coeur.
La foi chrétienne n'est pas nécessaire pour enluminer le patriotisme de l'émotion sacrée qui nous saisit devant la tombe de Péguy dans les blés et les coquelicots de la Brie ; il suffit de sentir charnellement que la France fut une chrétienté d'antique ruralité avant d'être un État, une nation, une monarchie, une république. De sentir cela et d'en tirer fierté et réconfort.
La pire des avarices : celle des sentiments.
Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cœur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.
A l'heure des bilans tu regretteras moins tes égarements que tes renoncements dictés par la prudence ou par la peur.
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Dans la même œuvre

Être de droite, c'est prendre en compte le passé simple, composé, décomposé, recomposé d'un sol fertilisé par les paysans, christianisé par des saints et longtemps, très longtemps, assemblé et gouverné par des rois. Et c'est aimer ce passé comme un enfant aime sa mère, même si elle l'a taloché plus souvent qu'à son tour.
À l'angélisme de la gauche, la droite oppose une lucidité pessimiste. L'homme doit être protégé contre lui-même et la seule loi échouera à brider ses instincts de mort, si manque le socle d'une morale transcendante. La nôtre repose sur le prédicat judéo-chrétien d'une faute initiale avec la perspective d'une rédemption, au prix d'un combat contre le satanisme sous-jacent à notre volonté de vivre.
Les têtes pensantes de l'islamisme radical misent leur rêve dément d'un califat universel sur le dépérissement de nos fondements moraux. Ils misent sur une confusion funeste : la défense de notre liberté et ses scories « libertaires » entretenues dans un climat de dérision permanent par le système consumériste. Ils misent sur le toboggan nihiliste où nous sommes lâchés.
L'Europe, c'est l'espace du catholicisme et du protestantisme sécularisé. En niant cet héritage, on vide le mot de tout contenu car les droits de l'Homme, la démocratie, la laïcité ne sont plus l'apanage de notre continent. La droite considère que le triptyque inscrit aux frontons de nos édifices publics — liberté, égalité, fraternité — a sécularisé le message évangélique, et que dans le polythéisme barbare vendu à flux tendu par la société de consommation, ces trois mots, hélas, ne valent pas plus cher à Paris qu'à Londres ou à Washington.
La foi chrétienne n'est pas nécessaire pour enluminer le patriotisme de l'émotion sacrée qui nous saisit devant la tombe de Péguy dans les blés et les coquelicots de la Brie ; il suffit de sentir charnellement que la France fut une chrétienté d'antique ruralité avant d'être un État, une nation, une monarchie, une république. De sentir cela et d'en tirer fierté et réconfort.