La pire des avarices : celle des sentiments.

À lire aussi de Denis Tillinac

Passé la soixantaine, les élans romantiques ne sont plus de saison. Le moteur a des ratés, la carrosserie des éraflures. On compte ses abattis et ses points de retraite. On commence à pressentir que l’escale ici-bas connaîtra une fin sous une dalle ou dans une urne, au choix. Les patients de mon âge, que j’ai connus fringants, en ont tous rabattu sur leurs illusions, leurs aspirations, leurs ambitions ; ils se calfeutrent pour tenir la vieillesse à distance. Ou affectent de la défier, mais je les connais trop, ils en ont tous peur.
À l'angélisme de la gauche, la droite oppose une lucidité pessimiste. L'homme doit être protégé contre lui-même et la seule loi échouera à brider ses instincts de mort, si manque le socle d'une morale transcendante. La nôtre repose sur le prédicat judéo-chrétien d'une faute initiale avec la perspective d'une rédemption, au prix d'un combat contre le satanisme sous-jacent à notre volonté de vivre.
Presque tous ceux que j'admire sont morts, J'ai dû venir au monde trop tard.
Les mots sont plus souvent des fardeaux que des messagers.
Les têtes pensantes de l'islamisme radical misent leur rêve dément d'un califat universel sur le dépérissement de nos fondements moraux. Ils misent sur une confusion funeste : la défense de notre liberté et ses scories « libertaires » entretenues dans un climat de dérision permanent par le système consumériste. Ils misent sur le toboggan nihiliste où nous sommes lâchés.
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Dans la même œuvre

A l'heure des bilans tu regretteras moins tes égarements que tes renoncements dictés par la prudence ou par la peur.
Le contentement de soi est la pire des infirmités.
Nationalisme, maladie sénile du patriotisme. Cosmopolitisme, maladie infantile de l'universalisme.
Aucun droit n'est acquis pour toujours.
Sois simple comme bonjour. Ce qui te personnalise ne doit apparaître qu’à ton insu.