Le bonheur du voyage, c'est de faire tout pour la première fois.

À lire aussi de Bernard Giraudeau

Je vous espère parfois jalouse, un peu mordue par les mots, mais jamais douloureuse.
Un monde sans femmes n'aurait pas de marins, elles sont une raison de leur fuite, de leurs conquêtes, une raison pour ne penser qu'à elles.
A quinze ans on ne sait pas grand-chose, on gobe encore, mais la graine de révolte germe doucement. Je soupçonnais qu'on avançait aussi avec les énergies de l'acquis et je ne rejetais pas cette connaissance des autres, cette transmission du savoir, mais je voulais sans le définir, un futur ouvert sans murs ni fenêtres même à franchir, pouvoir chevaucher la connaissance avec l'innocence et la virginité première, ne pas peindre ce qui a déjà été peint, défricher l'être et le monde, regarder autrement, ne pas être dans le déjà, la sclérose d'une pensée formatée, dans la nasse de la culture et des traditions. Je voulais ouvrir les mailles du filet et m'échapper des pages du livre écrit.
La tristesse, la colère, le mépris, la peur, la surprise, la joie, le dégoût sont toujours exprimés par le visage et cela partout dans le monde de la même façon. Cela fut démontré par une expérience chez des Papous n'ayant eu aucun contact avec la civilisation. Finalement ce langage reste le plus sincère moyen de communication, le plus réaliste alors que le mot peut tromper, isoler, interpréter.
Il y eut des rivages éblouis, des nuits blanches, des neiges éclaboussées, des mots solaires écrits sur les orages. Il y eut le désir réinventé, des soubresauts. Je l'ai vue se renverser pour boire la lumière avant de m'embrasser. Il y eut des vallées claires et des chemins de brumes. J'ai dormi en lui tenant la main sous des voiles lactées. Je me souviens des nappes de ciel sur nos tables étoilées? Je me suis barbouillé d'elle, insatiable.
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Dans la même œuvre

Avec le temps l'espace entre vérités et mensonges se dissipe doucement.
Comment garder dans ma main ces noeuds de couleur qui se dénouent indéfiniment, ces caresses inventées par l'autre et que je ne sais reproduire, ces mots que je ne sais pas dire?
Je crois beaucoup plus en ce qui nous échappe qu'en ce que nous croyons saisir.
Que sait-on de la grâce ? C'est un désir, une tentation, une courbe élégante de l'âme. C'est indéfinissable. Un artiste la cherche toute sa vie. Il ne sait pas ce que c'est mais il la devine, il la sent.
L'acteur se retrouve démuni,vidé,et il ne sait plus dire je t'aime.Je ne vous l'ai jamais dit d'ailleurs, seulement écrit.