Je vous espère parfois jalouse, un peu mordue par les mots, mais jamais douloureuse.

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Je vous écris pour prolonger l'instant, en garder une trace, tordre le cou à la fugacité, à l'oubli, à l'impermanence, ceci sans succès bien sûr puisque c'est vouloir figer l'éphémère et j'aime l'éphémère, nul n'est parfait.
Je vous écris ces mots pour que les maux s'évanouissent. Ma main vous caresse et s'encre parfois.
Le véritable amour est libre, c'est aujourd'hui, sans lui, que je suis prisonnière.
Le bonheur du voyage, c'est de faire tout pour la première fois.
Les retours sont toujours titubants, les pieds hésitent, une partie de vous reste là-bas dans la profondeur des forêts, au bord des fleuves. Il faut du temps pour revenir. L'avion ne vous en laisse aucun. Il vous précipite chez vous, vous noie dans le connu et vous dégueule de trente-cinq degrés à l'ombre à quatorze degrés sans soleil. Vous laissez les regards, les rires et vous revenez les mains vides des mains tenues.
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Dans la même œuvre

Avec le temps l'espace entre vérités et mensonges se dissipe doucement.
Comment garder dans ma main ces noeuds de couleur qui se dénouent indéfiniment, ces caresses inventées par l'autre et que je ne sais reproduire, ces mots que je ne sais pas dire?
Je crois beaucoup plus en ce qui nous échappe qu'en ce que nous croyons saisir.
Que sait-on de la grâce ? C'est un désir, une tentation, une courbe élégante de l'âme. C'est indéfinissable. Un artiste la cherche toute sa vie. Il ne sait pas ce que c'est mais il la devine, il la sent.
L'acteur se retrouve démuni,vidé,et il ne sait plus dire je t'aime.Je ne vous l'ai jamais dit d'ailleurs, seulement écrit.