Comment garder dans ma main ces noeuds de couleur qui se dénouent indéfiniment, ces caresses inventées par l'autre et que je ne sais reproduire, ces mots que je ne sais pas dire?

À lire aussi de Bernard Giraudeau

Il y eut des rivages éblouis, des nuits blanches, des neiges éclaboussées, des mots solaires écrits sur les orages. Il y eut le désir réinventé, des soubresauts. Je l'ai vue se renverser pour boire la lumière avant de m'embrasser. Il y eut des vallées claires et des chemins de brumes. J'ai dormi en lui tenant la main sous des voiles lactées. Je me souviens des nappes de ciel sur nos tables étoilées? Je me suis barbouillé d'elle, insatiable.
Il semble qu'un acteur est comme un peintre devant un mur nu. Il m'a fallu du temps pour saisir que l'espace vide est une proposition magnifique à l'imaginaire.
Un jour, dans un bar à La Rochelle, j'avais vingt ans, un type m'a cité Claudel que je n'avais jamais lu: " Il ne faut pas comprendre, il faut perdre connaissance. "
Laissez-moi vous explorer, vous effeuiller jusqu'à l'insupportable, jusqu'à ne plus accepter d'être des mots écrits sur des coins de nappes en papier, des pensées notées sur un carnet.
La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
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Dans la même œuvre

Avec le temps l'espace entre vérités et mensonges se dissipe doucement.
Je crois beaucoup plus en ce qui nous échappe qu'en ce que nous croyons saisir.
Que sait-on de la grâce ? C'est un désir, une tentation, une courbe élégante de l'âme. C'est indéfinissable. Un artiste la cherche toute sa vie. Il ne sait pas ce que c'est mais il la devine, il la sent.
L'acteur se retrouve démuni,vidé,et il ne sait plus dire je t'aime.Je ne vous l'ai jamais dit d'ailleurs, seulement écrit.
La frénésie du changement serait aussi néfaste que la surdité et la cécité qui nous occultent ce que nous sommes.