Les retours sont toujours titubants, les pieds hésitent, une partie de vous reste là-bas dans la profondeur des forêts, au bord des fleuves. Il faut du temps pour revenir. L'avion ne vous en laisse aucun. Il vous précipite chez vous, vous noie dans le connu et vous dégueule de trente-cinq degrés à l'ombre à quatorze degrés sans soleil. Vous laissez les regards, les rires et vous revenez les mains vides des mains tenues.
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L'acteur se retrouve démuni,vidé,et il ne sait plus dire je t'aime.Je ne vous l'ai jamais dit d'ailleurs, seulement écrit.
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Il semble qu'un acteur est comme un peintre devant un mur nu. Il m'a fallu du temps pour saisir que l'espace vide est une proposition magnifique à l'imaginaire.
La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
La frénésie du changement serait aussi néfaste que la surdité et la cécité qui nous occultent ce que nous sommes.
La tristesse, la colère, le mépris, la peur, la surprise, la joie, le dégoût sont toujours exprimés par le visage et cela partout dans le monde de la même façon. Cela fut démontré par une expérience chez des Papous n'ayant eu aucun contact avec la civilisation. Finalement ce langage reste le plus sincère moyen de communication, le plus réaliste alors que le mot peut tromper, isoler, interpréter.
Dans la même œuvre
Avec le temps l'espace entre vérités et mensonges se dissipe doucement.
Comment garder dans ma main ces noeuds de couleur qui se dénouent indéfiniment, ces caresses inventées par l'autre et que je ne sais reproduire, ces mots que je ne sais pas dire?
Je crois beaucoup plus en ce qui nous échappe qu'en ce que nous croyons saisir.
Que sait-on de la grâce ? C'est un désir, une tentation, une courbe élégante de l'âme. C'est indéfinissable. Un artiste la cherche toute sa vie. Il ne sait pas ce que c'est mais il la devine, il la sent.
La frénésie du changement serait aussi néfaste que la surdité et la cécité qui nous occultent ce que nous sommes.