Les hommes d'ici ne sont pas très causants. Ils ne se confient pas volontiers, sûr, ce sont des êtres de peu de mots, de peu de gestes. Ils marchent à l'économie. Des sentiments aussi, ils sont économes.
❧
La vie, c'est cela. Une résignation muette au malheur et un consentement à la facilité.
◆
À lire aussi de Philippe Besson
L'océan c'est la turbulence, c'est aussi l'interminable, l'inintelligible, l'inattaquable. Une pureté qui gronde. Une immensité qui gouverne. Un horizon qui se déchaîne.
Il dit : Mais je te préfère maintenant avec ce corps alourdi, les traits affaissés, la peau crevassée. Je t'aimerais moins s'il n'y avait pas tout ce temps sur toi, toutes ces années. Je pense même que je ne t'aimerais pas du tout.
Je n'ai pas d'âge. Les années ont passé, je les ai perdues. Si je ne devais compter que les années heureuses, je serais encore un enfant.
Je crois qu'on survit à tout. Je crois que la vie est plus forte. Je crois que le temps est assassin et balaye les visages du passé en emportant avec lui les épreuves qu'on pensait ne pas pouvoir surmonter.
Dans la même œuvre
Je me demande parfois quelle femme elle est aujourd'hui. Oui, que deviennent ceux que nous avons aimés et perdus ?
Et, à l'instar des vrais scélérats, nous avons décidé de vivre cachés, dissimulés aux regards, dérobés aux jugements. Nous n'éprouvions pas de honte mais nous redoutions l'opprobre, le déferlement de haine et de mépris, les crachats.