On n'échappe pas à l'ego on n'échappe pas au principe de plaisir. Mais trouver son plaisir dans le service d'autrui, trouver son bien-être dans l'action généreuse, loin que cela récuse l'altruisme, c'est sa définition même et le principe de la vertu.
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La vérité n'appartient pas au moi, c'est le moi qui lui appartient et qu'elle contient et qu'elle traverse et qu'elle dissout. Le moi est mensonger toujours, illusoire toujours.
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Le bonheur est le but de la philosophie. Ou plus exactement, le but de la philosophie est la sagesse, donc le bonheur.
Pour dire la chose très simplement, cette sagesse du désespoir que j'évoque, ce «gai désespoir», consiste en une démarche très simple: il s'agit d'espérer un peu moins et d'aimer un peu plus.
Méfions-nous de ces Savanarole, que le Bien aveugle. Trop attachés aux principes pour considérer les individus, trop sûrs de leurs intentions pour se soucier des conséquences.
Tout à la fin de sa vie, le sage comprit que la sagesse non plus n'avait pas d'importance. La sagesse n'existe pas: il n'y a que des sages.
Dans la même œuvre
Notre époque, qui préfère les poètes aux philosophes et les enfants aux sages, tend à oublier que la tempérance est une vertu, pour ne plus y voir qu'une hygiène. Pauvre époque, qui ne sait mettre au-dessus des poètes que les médecins!
Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre - et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d'Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
Sans doute, et spécialement pour un athée, le courage face à la mort est le courage des courages: parce que le moi n'y peut trouver aucune gratification concrète ou positive.
Le sage épicurien pratique la culture intensive plutôt qu'extensive de ses voluptés.
Celui à qui la vie suffit, de quoi pourrait-il manquer?