Philosopher, c'est penser sans preuves, mais point penser n'importe quoi, ni n'importe comment.
❧
Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre - et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d'Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
◆
À lire aussi de André Comte-Sponville
A l'extrême, la fin, c'est-à-dire la réalisation même du projet, s'efface devant les moyens : la fin justifie les moyens et tous les moyens sont bons, c'est la réussite à tout prix, sans scrupule, voire au dépens d'autrui.
Ce n'est pas l'originalité que je cherche: une idée que personne n'aurait jamais eue, cela a toute chance d'être une sottise!
Le bonheur est le but de la philosophie. Ou plus exactement, le but de la philosophie est la sagesse, donc le bonheur.
On est jamais trop lucide, et mieux vaut, dans le doute, noircir le tableau au moins intellectuellement, que l'enjoliver : cela évitera imprudences et désillusions.
Dans la même œuvre
Notre époque, qui préfère les poètes aux philosophes et les enfants aux sages, tend à oublier que la tempérance est une vertu, pour ne plus y voir qu'une hygiène. Pauvre époque, qui ne sait mettre au-dessus des poètes que les médecins!
Sans doute, et spécialement pour un athée, le courage face à la mort est le courage des courages: parce que le moi n'y peut trouver aucune gratification concrète ou positive.
Le sage épicurien pratique la culture intensive plutôt qu'extensive de ses voluptés.
Celui à qui la vie suffit, de quoi pourrait-il manquer?
Rien de ce qu'on peut posséder n'est pur. La pureté est pauvreté, dépossession, abandon. Elle commence où s'arrête le moi, où il ne va pas, où il se perd.