Toute vertu est un sommet, entre deux vices, une ligne de crête entre deux abîmes.
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Rien de ce qu'on peut posséder n'est pur. La pureté est pauvreté, dépossession, abandon. Elle commence où s'arrête le moi, où il ne va pas, où il se perd.
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À lire aussi de André Comte-Sponville
Une bonne intention peut aboutir à des catastrophes, et la pureté des mobiles, fût-elle avérée, n'a jamais suffi à empêcher le pire.
La douceur est une vertu féminine. C'est pourquoi peut-être elle plait surtout chez les hommes.
Le sage épicurien pratique la culture intensive plutôt qu'extensive de ses voluptés.
La générosité est à la fois conscience de sa propre liberté et ferme résolution d'en bien user. Conscience et confiance, donc : conscience d'être libre, confiance en l'usage qu'on en fera. C'est pourquoi la générosité produit l'estime de soi.
Dans la même œuvre
Notre époque, qui préfère les poètes aux philosophes et les enfants aux sages, tend à oublier que la tempérance est une vertu, pour ne plus y voir qu'une hygiène. Pauvre époque, qui ne sait mettre au-dessus des poètes que les médecins!
Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre - et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d'Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
Sans doute, et spécialement pour un athée, le courage face à la mort est le courage des courages: parce que le moi n'y peut trouver aucune gratification concrète ou positive.
Le sage épicurien pratique la culture intensive plutôt qu'extensive de ses voluptés.
Celui à qui la vie suffit, de quoi pourrait-il manquer?