La vérité n'appartient pas au moi, c'est le moi qui lui appartient et qu'elle contient et qu'elle traverse et qu'elle dissout. Le moi est mensonger toujours, illusoire toujours.
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Pour dire la chose très simplement, cette sagesse du désespoir que j'évoque, ce «gai désespoir», consiste en une démarche très simple: il s'agit d'espérer un peu moins et d'aimer un peu plus.
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« Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux! » Cette formule de Woody Allen dit peut-être l'essentiel : que nous sommes séparés du bonheur par l'espérance même qui le poursuit. La sagesse serait au contraire de vivre pour de bon, au lieu d'espérer vivre. C'est où l'on rencontre les leçons d' Épicure, des stoïciens, de Spinoza ou, en Orient, du Bouddha. Nous n'aurons de bonheur qu'à proportion du désespoir que nous serons capables de traverser. La sagesse est cela même : le bonheur, désespérément.
La pureté n'est pas la continence, la pudibonderie ou la chasteté : il y a pureté à chaque fois que l'amour cesse d'être mélangé d'intérêt. La seule pureté, c'est l'amour pur.
La morale ne vaut que pour soi ; pour les autres, la miséricorde et le droit suffisent.
N'attendons pas d'être sauvés pour être humains.
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