La morale ne vaut que pour soi ; pour les autres, la miséricorde et le droit suffisent.

À lire aussi de André Comte-Sponville

Pour dire la chose très simplement, cette sagesse du désespoir que j'évoque, ce «gai désespoir», consiste en une démarche très simple: il s'agit d'espérer un peu moins et d'aimer un peu plus.
La politique n'est pas là pour faire le bonheur des hommes. Elle est là pour combattre le malheur - et elle seule, à l'échelle d'un pays ou du monde peut le faire efficacement.
Le bonheur est le but de la philosophie. Ou plus exactement, le but de la philosophie est la sagesse, donc le bonheur ; puisque, encore une fois, l'une des idées les mieux avérées dans toute la tradition philosophique et spécialement dans la tradition grecque, c'est que la sagesse se reconnait au bonheur, ou du moins à un certain type de bonheur. Parce que si le sage est heureux, ce n'est pas n'importe comment ni à n'importe quel prix. Si la sagesse est un bonheur, ce n'est pas n'importe quel bonheur ! Ce n'est pas, par exemple, un bonheur qui serait obtenu à coups de drogues, d'illusions ou de divertissements.
La pureté n'est pas la continence, la pudibonderie ou la chasteté : il y a pureté à chaque fois que l'amour cesse d'être mélangé d'intérêt. La seule pureté, c'est l'amour pur.
« Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux! » Cette formule de Woody Allen dit peut-être l'essentiel : que nous sommes séparés du bonheur par l'espérance même qui le poursuit.
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Dans la même œuvre

La politique nous rassemble en nous opposant : elle nous oppose sur la meilleure façon de nous rassembler !
C'est l'amour qui fait vivre, puisque c'est lui qui rend la vie aimable. C'est l'amour qui sauve c'est donc lui qu'il s'agit de sauver.
Ce n'est pas parce que le sage est plus heureux que nous qu'il aime la vie davantage. C'est parce qu'il l'aime davantage qu'il est plus heureux.