Les jeunes aujourd'hui, comme en France, veulent du travail, de l'éducation, avoir une voiture, pouvoir payer l'essence… Ils ne semblent plus croire en des combats politiques. Qu'ils chantent, qu'ils écrivent, qu'ils parlent… rien ne change. La politique est devenue une sorte de spectacle de marionnettes.
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La chanson “Asimbonanga" ne dit pas " Libérez Mandela ", mais qu'une génération entière a grandi sans le voir. Je me glisse dans les problèmes politiques par la porte de derrière en posant des questions.
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Le pire a été ma déclaration de 1992 pour condamner le massacre de Krugersdorp perpétré par les Zoulous. On m'a fait comprendre à l'époque que je n'étais plus le bienvenu dans les townships.
Parfois, le doute ou la peur s'emparait de nous. Mais dès que Nelson Mandela s'exprimait à la radio ou à la télévision, sa voix, à la fois puissante et irradiante d'amour, nous redonnait courage.
Dès l'âge de 14 ans, j'étais fasciné par la culture zouloue. J'ai étudié le zoulou en autodidacte. J'avais rencontré un guitariste de rue. Il ne parlait pas l'anglais et je ne connaissais pas un mot de zoulou. J'ai appris avec lui en enregistrant ses chansons sur un magnétophone et en les répétant phonétiquement. Je ne savais pas ce que je chantais ! Mais dès que j'ai commencé à maîtriser la langue, je l'ai aimée.
Pour ma famille, pour moi, pour le peuple sud-africain, Nelson Mandela incarne la longue et persévérante pérégrination qui s'est avérée nécessaire pour que notre pays atteigne, enfin, la rive rêvée : celle de la démocratie et d'une Afrique du Sud délivrée de l'apartheid.
Dans la même œuvre
J'appartiens à l'Afrique, entièrement.
Je suis pour le maintien d'une culture tribale.
L'Afrique du Sud un très beau pays et habité par des gens merveilleux. Il existe une tension créatrice très positive, qui me manque quand je suis loin. C'est aussi là que j'ai grandi. C'est ma patrie.
Je ne suis pas un combattant. Seulement un témoin. Mes chansons sont des témoignages du temps. Plus tard, en écoutant mes douze albums, on pourra deviner ce que les gens pensaient à l'époque.
Le vice de l'apartheid, ce n'est pas la violence, mais l'auto-emprisonnement.