L'âge me pousse vers la prose, - \r\nL'âge chasse la folle rime, - \r\nQue, je l'avoue en soupirant, - \r\nJe courtise moins ardemment.

À lire aussi de Alexandre Pouchkine

Les passions sont imprudentes. Faut-il leur en faire grief ?
Je me rappelle un jour d'orage ; - \r\nJ'étais jaloux de tous ces flots - \r\nQui venaient, chacun à son tour, - \r\nRamper, pleins d'amour, à tes pieds ! - \r\nJ'aurais voulu, comme la mer, - \r\nEffleurer ces pieds de mes lèvres !
Rien ne nous plaît que l'interdit, - \r\nC'est là qu'est notre paradis.
Ce qui convient à Londres est prématuré à Moscou.
Ô ma fugitive jeunesse. - \r\nMerci à toi pour les plaisirs ; - \r\nPour la tristesse et les tempêtes, - \r\nPour les souffrances délicieuses, - \r\nPour les fêtes et leurs folies, - \r\nPour tout ce que tu m'as donné. - \r\nMerci. J'ai connu des alarmes ; - \r\nMais je t'ai pleinement goûtée. - \r\nIl suffit. C'est l'âme lucide - \r\nQue j'entre dans une autre voie. - \r\nJ'en ai fini et je respire.
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L'habitude est un don du ciel, - Qui fait office de bonheur.
Les passions sont imprudentes. Faut-il leur en faire grief ?
Je me rappelle un jour d'orage; - J'étais jaloux de tous ces flots - Qui venaient, chacun à son tour, - Ramper, pleins d'amour, à tes pieds ! - J'aurais voulu, comme la mer, - Effleurer ces pieds de mes lèvres !
Mortels ! vous êtes tous semblables - A Eve, notre bonne aïeule : - Ce que vous tenez vous ennuie. - Toujours le serpent vous attire - Vers les mystères de son arbre. - Il vous faut du fruit défendu. - Sans quoi l'Eden est insipide.
Peut-être notre âme craintive - Devant la jeunesse du monde - Se souvient-elle des années - Qui plus jamais ne reviendront.