Je me rappelle un jour d'orage ; - \r\nJ'étais jaloux de tous ces flots - \r\nQui venaient, chacun à son tour, - \r\nRamper, pleins d'amour, à tes pieds ! - \r\nJ'aurais voulu, comme la mer, - \r\nEffleurer ces pieds de mes lèvres !

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Je vous aimais sans mots, sans rien attendre, - \r\nTimide ou torturé de jalousie ; - \r\nJe vous aimais d'un amour pur et tendre — - \r\nDieu veuille qu'on vous aime encore ainsi.
«J'achèterai tout», a dit l'or; - «Je prendrai tout», a dit l'épée.
Pour sa part, l'ardente jeunesse - \r\nEst hors d'état de rien cacher. - \r\nHaine, amour, bonheur ou tristesse, - \r\nElle est prête à tout révéler.
Heureux celui qui fut jeune en son jeune âge, heureux celui qui sut mûrir à temps.
Le Caucase est sous moi. Venu seul jusqu'en haut - Je domine la neige au-dessus de l'abîme; - Puis un aigle envolé d'une lointaine cime - Vers moi plane, immobile, et reste à mon niveau.
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L'habitude est un don du ciel, - Qui fait office de bonheur.
Les passions sont imprudentes. Faut-il leur en faire grief ?
Je me rappelle un jour d'orage; - J'étais jaloux de tous ces flots - Qui venaient, chacun à son tour, - Ramper, pleins d'amour, à tes pieds ! - J'aurais voulu, comme la mer, - Effleurer ces pieds de mes lèvres !
Mortels ! vous êtes tous semblables - A Eve, notre bonne aïeule : - Ce que vous tenez vous ennuie. - Toujours le serpent vous attire - Vers les mystères de son arbre. - Il vous faut du fruit défendu. - Sans quoi l'Eden est insipide.
Peut-être notre âme craintive - Devant la jeunesse du monde - Se souvient-elle des années - Qui plus jamais ne reviendront.