Je pense aussi que nous sommes constitués par nos souffrances. Le chagrin est à la vie ce que l'antimatière est à la matière. Je m'attends à souffrir, bien que je lutte de toutes mes forces pour être heureuse
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Je ne vois aucun progrès de l'humanité. La violence ravage l'intime et le collectif et l'accès élargi à la culture a fait d'elle une marchandise.
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Les muscles perdent leur utilité, à cause des machines et du partage des responsabilités avec les femmes. Les femmes se musclent et les hommes s'adoucissent. On va vers un physique androgyne qui touche hommes et femmes, la parité se fera naturellement, par cette seule mutation. La beauté d'hier ne sera pas la beauté de demain, des types nouveaux apparaîtront, entre métissage et mixité.
Rien ne sert d'avoir raison, si c'est indigeste pour la personne qu'on a en face de soi.
On ne peut étirer le temps des larmes indéfiniment, comme le chanteur ne peut tenir une note aiguë trop longtemps. Elle avait tellement pleuré que son coeur était vide.
Il faut construire une société compacte, aucun ciment n'est plus solide que la morale collective.
Dans la même œuvre
Un jour, je suis morte. J'ai eu du mal à m'en remettre. Je ne m'en remets pas, en vérité. Si le soleil est la vie, je suis la lune.
Si le soleil est la vie, je suis la lune
Divine catharsis du théâtre. Vous écoulez le trop-plein de vos passions et moi, sur scène, je prends corps. Je suis animée par le puissant transfert collectif.
Vivre avec moi-même n'est pas commode. Pas infaisable puisque je vous parle, mais incommode. Je porte mon lourd cadavre sur le dos, chacun de mes efforts est multiplié par cette charge pesante.
Méfiez-vous des euphoriques, ils ne sont pas heureux.