Œuvre

Ce qu'il voulait (2012)

Chaque petite plante se bat vaillamment pour se dresser vers le soleil, et s'éteint quand vient son heure, sans bruit.
Quand on laisse entrer le doute, l'appréhension, il devient difficile de se rapprocher. Tout incite à reculer. Peur de se dévoiler, peur de s'engager, peur d'être repoussé.
Je suis un paratonnerre, se dit-elle, je sers à déchainer les éléments, je suis une gouttière où s'accumulent les pluies, et qui déborde les jours de tempête
Et puis, quand on est pauvre, on n'a que l'amour ! Même l'iode que l'on respire en se promenant sur une plage, on vous le fait payer !
Les soldats, c'est ça. Ils veulent être entre eux. la vie civile, ça les défrise.
Les bonnes âmes ne cessaient de lui dire qu'on a plusieurs vies au cours de la vie, qu'un seul homme ne peut endosser toutes les fonctions, répondre à tous les besoins d'une femme, de même qu'une femme ne peut assouvir tous les désirs d'un homme.
Une femme qui est remarquée par un homme ne peut rester indifférente. Sous le faisceau du regard qui fixe son visage, qui poursuit sa silhouette, la femme se sent choisie, nommée.
Chacun de nous a besoin d'extrême, de l'extase que procure l'extrême. Les uns le trouvent dans le sport, les autres en faisant du trekking en Alaska, ou dans l'abstraction de la recherche scientifique, d'autres encore dans le jeûne, l'alcool ou les drogues.
L'aventure d'une relation est sans fin. Tant qu'on souhaite la prolonger, elle contient sa propre dynamique, mais quand la curiosité cesse, tous les efforts semblent vains. L'ennui s'installe.
C'est bien l'amour quand c'est fort comme ça, quand on est pris, obnubilé. Mais pas quand on perd la jugeote, qu'on devient esclave.
Les muscles perdent leur utilité, à cause des machines et du partage des responsabilités avec les femmes. Les femmes se musclent et les hommes s'adoucissent. On va vers un physique androgyne qui touche hommes et femmes, la parité se fera naturellement, par cette seule mutation. La beauté d'hier ne sera pas la beauté de demain, des types nouveaux apparaîtront, entre métissage et mixité.
La fatalité n'a pas d'explication, on l'accepte ou on ne l'accepte pas, les gens simples l'acceptent. Tous les proverbes, dictons et légendes servent à cela. Courber l'échine devant ce qu'on ne maîtrise pas.
On ne parle pas de corde dans la maison d'un pendu.
Un enfant est un individu, un être détaché qui grandit à sa manière. On ne peut pas prévoir ce qu'il deviendra. On peut espérer, tenter de l'influencer, être contrariée, mais on ne peut rien changer
L'amour est la fin de la liberté, mais c'est le début du dépassement. Il n'y a pas de chaos, il n'y a que des signaux que nous ne comprenons pas
On ne peut étirer le temps des larmes indéfiniment, comme le chanteur ne peut tenir une note aiguë trop longtemps. Elle avait tellement pleuré que son coeur était vide.
L'amour a ce pouvoir unique, il modèle un visage, il le pétrit à son gré.
La raison est un tue-l'amour. L'amour a besoin de liberté, de coups de théâtre, d'absurde.
Les femmes qui se jettent à la tête des hommes brisent cet équilibre ancestral et faussent le jeu de la séduction.
À trente-huit ans on peut receler encore des virginités. Le monde est une surprise permanente, on ouvre innocemment une porte et un paysage entier s'engouffre soudain. Une vue nouvelle, une lumière ignorée, un autre temps
Rien ne sert d'avoir raison, si c'est indigeste pour la personne qu'on a en face de soi.
La colle c'est pour que les choses et les gens restent ensemble