Je ne suis pas innocente. J'ai toujours succombé à la beauté. J'écris pour dire ce ravissement-là. Ce livre est l'histoire des strates amoureuses qui me composent.

À lire aussi de Nina Bouraoui

Je m'adapte à tout. Très vite. C'est comme une folie, cette faculté d'adaptation. C'est plusieurs vies à la fois. C'est une multitude de petites trahisons.
On ne se remet jamais de ses morts, je crois. On fait semblant de s'en détacher.
Il y a une violence amoureuse. Il y a un épuisement aussi.
Avant mon père me disait qu'on ne connaît jamais vraiment les gens. Qu'on peut les aimer pendant toute une vie et être encore surpris.
Je ne sais pas si on doit parler des morts au passé. Les morts sont chaque fois ressuscités par notre langage, par notre manière de les raconter, ce sont eux les livres, ce sont eux l'écriture qui court, ce sont eux les petits papiers amoureux.
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Dans la même œuvre

L'écriture et l'amour procèdent de la même tension, de la même joie, de la même perdition.
J'ai peur d'écrire, comme j'ai peur d'aimer.
L'amour ouvre le chemin de l'écriture, l'écriture succède à l'amour, s'y mêle ou le défait.
Il n'y a pas d'amour seul comme il n'y a pas d'écriture orpheline.
Les garçons n'ont pas de coeur, les filles font semblant d'en avoir un.