Je ne sais pas si on doit parler des morts au passé. Les morts sont chaque fois ressuscités par notre langage, par notre manière de les raconter, ce sont eux les livres, ce sont eux l'écriture qui court, ce sont eux les petits papiers amoureux.
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Avant mon père me disait qu'on ne connaît jamais vraiment les gens. Qu'on peut les aimer pendant toute une vie et être encore surpris.
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La nuit est un masque. La nuit efface les formes. La nuit supprime les témoins. La nuit rend fou aussi. Ce n'est plus la réalité. C'est une autre vie, sans visage, sans angle, sans matière. La nuit est une noyade.
Je sais, d'une façon si précise, que ce qui déborde de moi sera, un jour, contenu dans un livre.
Je vois Sami partout dans mes mots et je sens que je peux pleurer ce soir, parce qu'une année vient de passer et qu'il n'est pas revenu. Et qu'il ne reviendra peut-être plus.
Ce n'est plus du sang qui coule dans mes veines mais des gouttelettes de désespoir! elles tombent du coeur, sillonnent mes entrailles et perlent mon front, elles brouillent l'espace, bouchent l'horizon et rapetissent mon avenir!
Dans la même œuvre
Les enfants portent mon enfance. Je les aime pour cela. Pour ce qu'ils font réapparaître: les cris dans les vagues, la sieste sur la plage, les yeux vers le ciel, cette grande solitude.
On espère beaucoup d'une fille, de son histoire, de son corps. C'est un grand mystère une fille.
On dit que le ciel devient blanc avant la neige, il doit neiger dans ma tête alors.