Il y a une violence amoureuse. Il y a un épuisement aussi.

À lire aussi de Nina Bouraoui

Je sens l'amour qui vient avec le matin. Avec le chant des oiseaux. Avec le petit chien sous nos draps. Avec la voix de ma grand-mère qui ouvre les volets. Encore une belle journée. Avec l'été français. C'est un amour étrange. Un peu brutal.
On ne se remet jamais de ses morts, je crois. On fait semblant de s'en détacher.
Je me disais que pour prendre conscience de la vie il fallait changer d'angle.
Ma vie algérienne bat hors de la ville. Elle est à la mer, au désert, sous les montagnes de l'Atlas. Là, je m'efface enfin. Je deviens un corps sans type, sans langue, sans nationalité. Cette vie est sauvage. Elle est sans voix et sans visage.
On dit que le ciel devient blanc avant la neige, il doit neiger dans ma tête alors.
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Dans la même œuvre

L'écriture et l'amour procèdent de la même tension, de la même joie, de la même perdition.
J'ai peur d'écrire, comme j'ai peur d'aimer.
L'amour ouvre le chemin de l'écriture, l'écriture succède à l'amour, s'y mêle ou le défait.
Il n'y a pas d'amour seul comme il n'y a pas d'écriture orpheline.
Je ne suis pas innocente. J'ai toujours succombé à la beauté. J'écris pour dire ce ravissement-là. Ce livre est l'histoire des strates amoureuses qui me composent.