Mon père dit que les morts sont de plus en plus présents au fur et à mesure de la vie, comme le manque, comme la tristesse; on ne se remet jamais de la mort des siens; la vie est aussi faite des absents qui brûlent les coeurs.
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On ne se remet jamais de ses morts, je crois. On fait semblant de s'en détacher.
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L'écriture et l'amour procèdent de la même tension, de la même joie, de la même perdition.
Les enfants portent mon enfance. Je les aime pour cela. Pour ce qu'ils font réapparaître: les cris dans les vagues, la sieste sur la plage, les yeux vers le ciel, cette grande solitude.
Avant mon père me disait qu'on ne connaît jamais vraiment les gens. Qu'on peut les aimer pendant toute une vie et être encore surpris.
Toute notre vie consiste à se battre contre nous-mêmes.
Dans la même œuvre
Je sais, d'une façon si précise, que ce qui déborde de moi sera, un jour, contenu dans un livre.
Mon père dit que les morts sont de plus en plus présents au fur et à mesure de la vie, comme le manque, comme la tristesse; on ne se remet jamais de la mort des siens; la vie est aussi faite des absents qui brûlent les coeurs.
Je ne sais pas si on doit parler des morts au passé. Les morts sont chaque fois ressuscités par notre langage, par notre manière de les raconter, ce sont eux les livres, ce sont eux l'écriture qui court, ce sont eux les petits papiers amoureux.
J'ai lu dans un livre d'Hervé Guibert, qu'il y avait des gens malades de leur enfance; cette maladie s'appelle l'enfance qui saigne.