J'ai lu dans un livre d'Hervé Guibert, qu'il y avait des gens malades de leur enfance; cette maladie s'appelle l'enfance qui saigne.

À lire aussi de Nina Bouraoui

Avant mon père me disait qu'on ne connaît jamais vraiment les gens. Qu'on peut les aimer pendant toute une vie et être encore surpris.
On ne tire jamais de traits définitifs, on le sait, le passé est un serpent qui mord.
La nuit force les ombres. Elle est pleine et sans forme. Elle donne et retire. Elle creuse et comble. Elle révèle et déprécie. La nuit est le mensonge du jour.
Ne pas être algérienne. Ne pas être française. C'est une force contre les autres. Je suis indéfinie. C'est une guerre contre le monde. Je deviens inclassable. Je ne suis pas assez typée.
Il me semblait naturel de me presser contre lui, à l'abri du monde que j'oubliais.
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Dans la même œuvre

Je sais, d'une façon si précise, que ce qui déborde de moi sera, un jour, contenu dans un livre.
Mon père dit que les morts sont de plus en plus présents au fur et à mesure de la vie, comme le manque, comme la tristesse; on ne se remet jamais de la mort des siens; la vie est aussi faite des absents qui brûlent les coeurs.
Je ne sais pas si on doit parler des morts au passé. Les morts sont chaque fois ressuscités par notre langage, par notre manière de les raconter, ce sont eux les livres, ce sont eux l'écriture qui court, ce sont eux les petits papiers amoureux.
On ne se remet jamais de ses morts, je crois. On fait semblant de s'en détacher.