Je n'invente pas, je me souviens. C'est mon pacte. C'est mon sacrifice. Cela n'a rien à voir avec le fait que des évènements aient eu lieu ou non. Ce qui compte, c'est ce que j'ai vu dans ces heures silencieuses.

À lire aussi de Isabelle Sorente

Qu'importe une génération sacrifiée s'il reste l'espoir des suivantes !
S'il est vrai que la même chose revient, encore et encore, sous des noms différents, la fraternité des êtres dissemblables ne peut apparaître que sous la forme de confusion, de discordances et de distances infranchissables.
Qui a le pouvoir de changer le cours des chemins invisibles ? On ne peut que suivre celui qui cherchent nos pas.
Les hommes cachent mal qu'une femme leur plaît, qu'ils la dévorent des yeux ou fassent semblant de l'ignorer.
Sans doute ai-je hérité moi aussi du complexe d'Isis, celle qui réunit les morceaux dispersés, l'obsession de relier entre eux des faits épars, de reconstituer des trajectoires, un roman n'est jamais loin du rêve de reconstituer un corps.
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Dans la même œuvre

Baudelaire disait que les personnages des Liaisons Dangereuses étaient brûlants comme la glace. C'est cela que j'ai souhaité rendre. Comment on peut être carbonisé par des sentiments glacés. Pour moi, c'est cela la perversion narcissique.
La possibilité d'adorer est essentielle, c'est un besoin spirituel, encore faut-il le placer au bon endroit. Vénérer son partenaire conduit Lucie à ce qu'on appelle le masochisme. Mais d'autres se mettent à vénérer leur patron, c'est le cas de Jonathan dans le roman. Cette force-là, ce besoin d'adoration qui nous pousse à créer, peut aussi nous dévorer.
Ce qui m'intéresse, c'est la trame. On la lance comme un filet et on voit ce que l'on remonte comme poissons. Quel plaisir j'ai ressenti à écrire ce livre ! Si c'est pour raconter une chose qui n'existe pas, cela ne m'intéresse pas. Ce que je cherche dans la fiction, ce sont les archétypes, ce sont nos fictions secrètes.