Je me sens chanceux : je me lève quand je n’ai plus sommeil, je revendique le droit à la paresse.

À lire aussi de Jean-Paul Dubois

Je pris alors conscience de notre incroyable capacité à composer avec l'inacceptable.
Je n'invente pas grand-chose dans mes romans, tout est déjà là. C'est une grande banalité de dire cela : la vie est romanesque.
Les naissances, comme les morts d'ailleurs, ont l'étrange pouvoir de lubrifier les coeurs et d'effacer les ardoises surchargées du passé.
Faire un livre est une chose simple. Il suffit de ne pas vivre.
J'ai enterré trop de chiens pour feindre d'ignorer ce qui m'attend. Tout n'est plus désormais qu'une question de temps, de patience. Autrefois, je me vantais d'aimer la compagnie des mouches. Désormais, je trouve leur empressement déplacé quand je les vois, fébriles, téter mon épiderme.
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Dans la même œuvre

J'ai commencé par écrire vite pour faire la course avec Boris Vian.
« Moins on en fait, moins on est con », me dis-je souvent.
On a institué le travail comme valeur essentielle, mais on ne parle jamais du temps. On ne dit pas aux enfants « vous avez tant de temps à vivre ». C’est ça qui m’émeut, en plus, bien sûr, de toutes les choses effrayantes de la vie…
Cet usage du monde change tellement vite que le temps d’une vie ne devient qu’un temps d’adaptation : j’ai le regard d’un imbécile qui a vu passer tout type de trains, et qui ne peut pas monter dedans car ça va trop vite. Pour m’adapter, je dois faire des efforts considérables, même de langue, qui change tellement vite – du verlan au franglais en passant par le merchandising.