« Moins on en fait, moins on est con », me dis-je souvent.

À lire aussi de Jean-Paul Dubois

J'étais trop malade de moi-même pour espérer soigner les autres.
J'aime la géographie des voyages, celle que l'on traverse à pied, à hauteur d'homme, instruit par les déclivités, la fatigue des jambes et le caprice des cieux. Beaucoup moins celle des livres enluminés de graphes et de data.
Il disait souvent que de toutes les nations qu'il connaissait, la France était le pays qui avait le plus de difficulté à s'appliquer à lui-même les vertus républicaines et morales qu'il exigeait des autres. Surtout l'égalité et la fraternité.
La détention allonge les jours, distend les nuits, étire les heures, donne au temps un consistance pâteuse, vaguement écoeurante . Chacun éprouve le sentiment de se mouvoir dans une boue épaisse où il faut s'extraire à chaque pas, bataillant pied à pied pour ne pas s'enliser dans le dégoût de soi-même. La prison nous ensevelit vivants.
La journée glissa lentement vers le soir, dans une atonie qui s'accordait avec ma lassitude.
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Dans la même œuvre

J'ai commencé par écrire vite pour faire la course avec Boris Vian.
Je me sens chanceux : je me lève quand je n’ai plus sommeil, je revendique le droit à la paresse.
On a institué le travail comme valeur essentielle, mais on ne parle jamais du temps. On ne dit pas aux enfants « vous avez tant de temps à vivre ». C’est ça qui m’émeut, en plus, bien sûr, de toutes les choses effrayantes de la vie…
Cet usage du monde change tellement vite que le temps d’une vie ne devient qu’un temps d’adaptation : j’ai le regard d’un imbécile qui a vu passer tout type de trains, et qui ne peut pas monter dedans car ça va trop vite. Pour m’adapter, je dois faire des efforts considérables, même de langue, qui change tellement vite – du verlan au franglais en passant par le merchandising.