Tout est affaire de décor - Changer de lit changer de corps - A quoi bon puisque c'est encore - Moi qui moi-même me trahis - Moi qui me traîne et m'éparpille - Et mon ombre se déshabille - Dans les bras semblables des filles - Où j'ai cru trouver un pays.
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J'ai plus écrit de toi Paris que de moi-même - \r\nEt plus qu'en mon soleil en toi Paris j'ai cru
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J'ai réinventé le passé pour voir la beauté de l'avenir.
J'ai déchiré des pages et des pages - Dans le miroir j'ai brisé mon visage.
Le boulanger cassait de temps en temps la gueule au receveur-buraliste qui flirtait avec sa femme.
Au bout de mon âge - Qu'aurais-je trouvé - Vivre est village - Où j'ai mal rêvé.
Dans la même œuvre
Paris rêve et jamais il n'est plus redoutable - \r\nPlus orageux jamais que muet mais rêvant - \r\nDe ce rêve des ponts sous leurs arches de vent - \r\nDe ce rêve aux yeux blancs qu'on voit aux dieux des fables - \r\nDe ce rêve mouvant dans les yeux des vivants\r\n
Comme on laisse à l'enfant pour qu'il reste tranquille - \r\nDes objets sans valeur traînant sur le parquet - \r\nPeut-être devinant quel alcool me manquait - \r\nLe hasard m'a jeté des photos de ma ville - \r\nLes arbres de Paris ses boulevards ses quais
Qui n'a pas vu le jour se lever sur la Seine - \r\nIgnore ce que c'est que ce déchirement - \r\nQuand prise sur le fait la nuit qui se dément - \r\nSe défend se défait les yeux rouges obscène - \r\nEt Notre-Dame sort des eaux comme un aimant.\r\n\r\n
Toute aube est pour quelqu'un la peine capitale - \r\nÀ vivre condamné que le sommeil trompa - \r\nEt la réalité trace avec son compas - \r\nCe triste trait de craie à l'orient des Halles - \r\nLes contes ténébreux ne le dépassent pas.
Paris s'éveille et moi pour retrouver ces mythes - \r\nQui nous brûlaient le sang dans notre obscurité - \r\nJe mettrai dans mes mains mon visage irrité - \r\nQue renaisse le chant que les oiseaux imitent - \r\nEt qui répond Paris quand on dit liberté