Il faut savoir ce qu'a été la France pour tracer un destin et inventer ce qu'elle doit être.

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Le bonheur de simplement apercevoir un lièvre ou un oiseau n’a pas de prix.
Chacun sait pourtant, depuis le XVIIIè siècle, que la liberté de chacun s'arrête là où commence la liberté de l'autre, mais surtout que le bien commun n'est pas la somme des intérêts individuels.
On peut considérer que le mot même d’« identité » est une boîte de Pandore d’où sortirait l’expression de toutes les haines et de tous les rejets. C’est avoir bien peu de confiance en un pays qui, certes – on nous le répète assez –, eut ses heures sombres, mais dont de nombreux sondages nous démontrent qu’il est finalement bien moins enclin au racisme et à l’exclusion de l’autre que ne le présagent ses dirigeants et sa classe médiatique.
Il y a d’abord l’évidence: passer un mois enfermé dans un appartement, avec pour tout panorama la fenêtre aux rideaux blanchâtres de l’appartement d’en face, n’a rien à voir avec des vacances, ni même avec un exercice de méditation. Certes, l’opprobre est jeté sur ces Parisiens à résidence secondaire qui ont fui l’étouffement de la ville, mais après tout, c’est un réflexe archaïque : en cas de guerre (et notre Président nous l’a suffisamment répété, que nous étions en guerre) on fuit à la campagne
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Dans la même œuvre

Depuis trente ans, certains décrètent que, pour accueillir les nouveaux venus, il faut se dépouiller de ce qui fait de nous des français. Ils s'imaginent ainsi que l'on ne peut accueillir l'autre que si l'on n'est plus qui l'on est. C'est pourtant le contraire. Si l'on prend la définition de la nation de Renan, celle-ci est une volonté politique, un plébiscite renouvelé tous les jours, qui s'appuie sur ce qu'il appelle un "legs de souvenirs".
Nous avons tous besoin de modèles, de nous identifier à d'Artagnan, Cyrano ou Julien Sorel. Si l'école ne leur donne pas cette possibilité-là, nos jeunes iront chercher leurs modèles ailleurs, dans les jeux vidéo, les blockbusters américains et au sein de l'État islamique. Il faut redonner du sens et développer un humanisme nouveau, c'est-à-dire une très haute idée de ce qu'est l'être humain et de ce que doit être sa vie.
Pendant des millénaires, la vie des être humains était rattachée au soleil et à la nature. Notre existence n'est désormais plus liée au cycle des saisons et à celui de la terre, nous avons inventé une humanité hors-sol. En France, nous bétonnons l'équivalent d'un terrain de foot toutes les cinq minutes. Cela produit de la laideur, du non-sens et du consumérisme stupide mais cela ne peut nourrir l'humanité, ni physiquement, ni spirituellement. L'amour de la France n'est pas seulement intellectuel et culturel, il est charnel. On ne peut pas demander à des jeunes d'aimer leur pays s'ils ne l'ont jamais vu, s'ils ne le connaissent pas.