Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ce beau cri du cœur est devenu le plus triste des chantages : Par la magie du nombre, la magie du budget, vous luttez contre la délinquance et les inégalités, vous luttez contre la misère et les injustices. Qui n’en convient pas est un complice des exploiteurs. Mais s’y lit également une curieuse pétition de principe libertaire : Il faut fermer les prisons, toutes les prisons, car l’éducation – et même la rééducation – est la solution. Et qui n’adhèrerait pas à cette croyance est coupable – le terme est à la mode – de dérive sécuritaire.
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On peut considérer que le mot même d’« identité » est une boîte de Pandore d’où sortirait l’expression de toutes les haines et de tous les rejets. C’est avoir bien peu de confiance en un pays qui, certes – on nous le répète assez –, eut ses heures sombres, mais dont de nombreux sondages nous démontrent qu’il est finalement bien moins enclin au racisme et à l’exclusion de l’autre que ne le présagent ses dirigeants et sa classe médiatique.
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Aussi, disons-le clairement, ce dont la France souffre aujourd’hui est avant tout une absence totale de maîtrise de la langue (ce qui, de la part de professeurs, pose tout de même un certain problème). Non, la France n’a jamais été un pays « multiculturel », mais un pays « multiethnique ».
Je crois à l'économie de marché, à partir du moment où elle est contrecarrée par des valeurs non marchandes, par des solidarités humaines, et à partir du moment où le marché ne s'étend pas à toutes les strates de la vie humaine. C'est un outil et pas un projet.
Chacun sait pourtant, depuis le XVIIIè siècle, que la liberté de chacun s'arrête là où commence la liberté de l'autre, mais surtout que le bien commun n'est pas la somme des intérêts individuels.
Aujourd’hui, dans notre pays, le juif a été remplacé par le musulman. Il ne s’agit pas d’introduire une concurrence nauséabonde entre minorités. Mais plutôt de tirer les leçons d’un passé qui ne passe pas.
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Il existe en France des discriminations, des injustices. On peut ajouter que la destruction de l’école constitue la plus immense des injustices puisqu’elle pénalise en premier lieu ceux dont elle était le seul bien, les enfants de milieu défavorisé, et parmi eux, plus encore, ceux dont les parents ne parlent pas le français.
La famille, même, dernier noyau de transmission, est à l’agonie, victime d’un double mouvement : la fragilisation des liens par l’émergence d’un individualisme hédoniste valorisant les attachements affectifs, et donc éphémères, et le culte démocratique remettant en cause toute forme de hiérarchie, y compris entre parents et enfants.
Aujourd’hui, dans notre pays, le juif a été remplacé par le musulman. Il ne s’agit pas d’introduire une concurrence nauséabonde entre minorités. Mais plutôt de tirer les leçons d’un passé qui ne passe pas.
La foi en l’école est tout ce qui nous reste de la pensée des Lumières et de son idéal d’émancipation par le savoir. A ceci près qu’on a gardé la foi mais qu’on a évacué le savoir.
Le « terrorisme » n’est plus dans le mode d’action de poseurs de bombe déterminés, mais dans la propagande de gourous qui utilisent par des vidéos et des discours n’importe quel déséquilibré comme une bombe lancée sur des passants. Ou n’importe quel fanatique armé d’une de ces kalachnikovs qui se promène librement dans les banlieues.