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Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ce beau cri du cœur est devenu le plus triste des chantages : Par la magie du nombre, la magie du budget, vous luttez contre la délinquance et les inégalités, vous luttez contre la misère et les injustices. Qui n’en convient pas est un complice des exploiteurs. Mais s’y lit également une curieuse pétition de principe libertaire : Il faut fermer les prisons, toutes les prisons, car l’éducation – et même la rééducation – est la solution. Et qui n’adhèrerait pas à cette croyance est coupable – le terme est à la mode – de dérive sécuritaire.
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A vrai dire, le simple fait de prononcer le mot « identité » vous classe immédiatement dans la catégorie des nostalgiques d’une France blanche et chrétienne. « Identitaire » est le nouveau sceau d’infamie, le qualificatif qu’on jette à la face de celui qu’il faut faire taire parce qu’il a eu le malheur de remettre en cause le dogme d’un multiculturalisme qu’on nous présente à la fois comme préexistant (« la France a toujours été multiculturelle ») et comme seule voie vers l’égalité réelle.
Le capitalisme n'est plus un système de production par le capital, mais un système de production de capital, favorisé par le crédit, les dettes et la création monétaire de banques centrales.
Depuis trente ans, certains décrètent que, pour accueillir les nouveaux venus, il faut se dépouiller de ce qui fait de nous des français. Ils s'imaginent ainsi que l'on ne peut accueillir l'autre que si l'on n'est plus qui l'on est. C'est pourtant le contraire. Si l'on prend la définition de la nation de Renan, celle-ci est une volonté politique, un plébiscite renouvelé tous les jours, qui s'appuie sur ce qu'il appelle un "legs de souvenirs".
On peut considérer que le mot même d’« identité » est une boîte de Pandore d’où sortirait l’expression de toutes les haines et de tous les rejets. C’est avoir bien peu de confiance en un pays qui, certes – on nous le répète assez –, eut ses heures sombres, mais dont de nombreux sondages nous démontrent qu’il est finalement bien moins enclin au racisme et à l’exclusion de l’autre que ne le présagent ses dirigeants et sa classe médiatique.
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Si nous voulons que notre école n’ajoute pas au malheur du monde, quand elle devait au contraire contribuer à le combattre, il faut sans doute retrouver cette certitude que le savoir libère les hommes en les inscrivant dans une continuité, celles des hommes qui les ont précédés, et dans une communauté, celle de la société dont ils partagent les valeurs.