Œuvre

« Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons »: qui a fait mentir Victor Hugo ? le 9 septembre 2010

Si nous voulons que notre école n’ajoute pas au malheur du monde, quand elle devait au contraire contribuer à le combattre, il faut sans doute retrouver cette certitude que le savoir libère les hommes en les inscrivant dans une continuité, celles des hommes qui les ont précédés, et dans une communauté, celle de la société dont ils partagent les valeurs.
Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ce beau cri du cœur est devenu le plus triste des chantages : Par la magie du nombre, la magie du budget, vous luttez contre la délinquance et les inégalités, vous luttez contre la misère et les injustices. Qui n’en convient pas est un complice des exploiteurs. Mais s’y lit également une curieuse pétition de principe libertaire : Il faut fermer les prisons, toutes les prisons, car l’éducation – et même la rééducation – est la solution. Et qui n’adhèrerait pas à cette croyance est coupable – le terme est à la mode – de dérive sécuritaire.