On offre gratuitement au GAFA du temps de cerveaux humains disponible.

À lire aussi de Natacha Polony

La foi en l’école est tout ce qui nous reste de la pensée des Lumières et de son idéal d’émancipation par le savoir. A ceci près qu’on a gardé la foi mais qu’on a évacué le savoir.
Le « terrorisme » n’est plus dans le mode d’action de poseurs de bombe déterminés, mais dans la propagande de gourous qui utilisent par des vidéos et des discours n’importe quel déséquilibré comme une bombe lancée sur des passants. Ou n’importe quel fanatique armé d’une de ces kalachnikovs qui se promène librement dans les banlieues.
Il existe en France des discriminations, des injustices. On peut ajouter que la destruction de l’école constitue la plus immense des injustices puisqu’elle pénalise en premier lieu ceux dont elle était le seul bien, les enfants de milieu défavorisé, et parmi eux, plus encore, ceux dont les parents ne parlent pas le français.
La fracture qui se dessine n’est pas seulement entre les villes et les campagnes. Elle s’insinue au cœur de nos vies. Entre ceux qui doivent continuer à sortir pour travailler, certains de plein gré, d’autres contraints et forcés, et la peur au ventre. Entre ceux qui vont continuer à être payés et ceux qui n’ont plus rien. Entre ceux qui, confinés chez eux, sont au chômage technique et ceux qui doivent, depuis leur ordinateur, assurer le même travail que s’ils étaient au bureau, dans un pays en état de marche. Entre ceux, enfin, qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas.
Tous les discours les plus convaincus et les plus lyriques sur les valeurs de la France, sur son histoire et sa mémoire qu'il faudrait transmettre aux jeunes gens venus d'ailleurs, ne sont que du vent pour qui ne se préoccupe pas d'abord de restaurer la mémoire vivante de la France à travers ses paysans, ses artisans et ses petites entreprises.
Toutes les citations de Natacha Polony →

Dans la même œuvre

Chacun sait pourtant, depuis le XVIIIè siècle, que la liberté de chacun s'arrête là où commence la liberté de l'autre, mais surtout que le bien commun n'est pas la somme des intérêts individuels.
Le capitalisme n'est plus un système de production par le capital, mais un système de production de capital, favorisé par le crédit, les dettes et la création monétaire de banques centrales.