Il est vrai que le confinement n’est pas le même pour tout le monde. Même en cas de crise sanitaire, la lutte des classes a de beaux restes. Certes, à la morgue, tout le monde se ressemble, et ce virus semble apprécier particulièrement ces classes supérieures mondialisées qui partagent leurs postillons dans les aéroports. Léger sentiment de revanche chez tous les autres, en attendant d’être contaminés à leur tour. Mais à présent que chacun se retrouve face à lui-même, et face à son intérieur, il faut avouer que la sélection sociale reprend ses droits.
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Le « terrorisme » n’est plus dans le mode d’action de poseurs de bombe déterminés, mais dans la propagande de gourous qui utilisent par des vidéos et des discours n’importe quel déséquilibré comme une bombe lancée sur des passants. Ou n’importe quel fanatique armé d’une de ces kalachnikovs qui se promène librement dans les banlieues.
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Aujourd’hui, dans notre pays, le juif a été remplacé par le musulman. Il ne s’agit pas d’introduire une concurrence nauséabonde entre minorités. Mais plutôt de tirer les leçons d’un passé qui ne passe pas.
Chacun sait pourtant, depuis le XVIIIè siècle, que la liberté de chacun s'arrête là où commence la liberté de l'autre, mais surtout que le bien commun n'est pas la somme des intérêts individuels.
L'abandon de la France rurale, ringardisée par les médias et oubliée des politiques pour qui il n'y eut, pendant des années, de détresse et de pauvreté que dans les banlieues, nous raconte surtout à quel point nous avons totalement perdu de vue la dimension charnelle de l'identité française.
La foi en l’école est tout ce qui nous reste de la pensée des Lumières et de son idéal d’émancipation par le savoir. A ceci près qu’on a gardé la foi mais qu’on a évacué le savoir.
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Il existe en France des discriminations, des injustices. On peut ajouter que la destruction de l’école constitue la plus immense des injustices puisqu’elle pénalise en premier lieu ceux dont elle était le seul bien, les enfants de milieu défavorisé, et parmi eux, plus encore, ceux dont les parents ne parlent pas le français.
La famille, même, dernier noyau de transmission, est à l’agonie, victime d’un double mouvement : la fragilisation des liens par l’émergence d’un individualisme hédoniste valorisant les attachements affectifs, et donc éphémères, et le culte démocratique remettant en cause toute forme de hiérarchie, y compris entre parents et enfants.
Aujourd’hui, dans notre pays, le juif a été remplacé par le musulman. Il ne s’agit pas d’introduire une concurrence nauséabonde entre minorités. Mais plutôt de tirer les leçons d’un passé qui ne passe pas.
La foi en l’école est tout ce qui nous reste de la pensée des Lumières et de son idéal d’émancipation par le savoir. A ceci près qu’on a gardé la foi mais qu’on a évacué le savoir.
L'abandon de la France rurale, ringardisée par les médias et oubliée des politiques pour qui il n'y eut, pendant des années, de détresse et de pauvreté que dans les banlieues, nous raconte surtout à quel point nous avons totalement perdu de vue la dimension charnelle de l'identité française.