Depuis trente ans, certains décrètent que, pour accueillir les nouveaux venus, il faut se dépouiller de ce qui fait de nous des français. Ils s'imaginent ainsi que l'on ne peut accueillir l'autre que si l'on n'est plus qui l'on est. C'est pourtant le contraire. Si l'on prend la définition de la nation de Renan, celle-ci est une volonté politique, un plébiscite renouvelé tous les jours, qui s'appuie sur ce qu'il appelle un "legs de souvenirs".

À lire aussi de Natacha Polony

Il existe en France des discriminations, des injustices. On peut ajouter que la destruction de l’école constitue la plus immense des injustices puisqu’elle pénalise en premier lieu ceux dont elle était le seul bien, les enfants de milieu défavorisé, et parmi eux, plus encore, ceux dont les parents ne parlent pas le français.
Je crois à l'économie de marché, à partir du moment où elle est contrecarrée par des valeurs non marchandes, par des solidarités humaines, et à partir du moment où le marché ne s'étend pas à toutes les strates de la vie humaine. C'est un outil et pas un projet.
Le pessimiste est un empêcheur de consommer en rond. L'esprit lucide est quasiment un mauvais citoyen.
La famille, même, dernier noyau de transmission, est à l’agonie, victime d’un double mouvement : la fragilisation des liens par l’émergence d’un individualisme hédoniste valorisant les attachements affectifs, et donc éphémères, et le culte démocratique remettant en cause toute forme de hiérarchie, y compris entre parents et enfants.
A vrai dire, le simple fait de prononcer le mot « identité » vous classe immédiatement dans la catégorie des nostalgiques d’une France blanche et chrétienne. « Identitaire » est le nouveau sceau d’infamie, le qualificatif qu’on jette à la face de celui qu’il faut faire taire parce qu’il a eu le malheur de remettre en cause le dogme d’un multiculturalisme qu’on nous présente à la fois comme préexistant (« la France a toujours été multiculturelle ») et comme seule voie vers l’égalité réelle.
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Dans la même œuvre

Nous avons tous besoin de modèles, de nous identifier à d'Artagnan, Cyrano ou Julien Sorel. Si l'école ne leur donne pas cette possibilité-là, nos jeunes iront chercher leurs modèles ailleurs, dans les jeux vidéo, les blockbusters américains et au sein de l'État islamique. Il faut redonner du sens et développer un humanisme nouveau, c'est-à-dire une très haute idée de ce qu'est l'être humain et de ce que doit être sa vie.
Pendant des millénaires, la vie des être humains était rattachée au soleil et à la nature. Notre existence n'est désormais plus liée au cycle des saisons et à celui de la terre, nous avons inventé une humanité hors-sol. En France, nous bétonnons l'équivalent d'un terrain de foot toutes les cinq minutes. Cela produit de la laideur, du non-sens et du consumérisme stupide mais cela ne peut nourrir l'humanité, ni physiquement, ni spirituellement. L'amour de la France n'est pas seulement intellectuel et culturel, il est charnel. On ne peut pas demander à des jeunes d'aimer leur pays s'ils ne l'ont jamais vu, s'ils ne le connaissent pas.
Il faut savoir ce qu'a été la France pour tracer un destin et inventer ce qu'elle doit être.