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Aussi, disons-le clairement, ce dont la France souffre aujourd’hui est avant tout une absence totale de maîtrise de la langue (ce qui, de la part de professeurs, pose tout de même un certain problème). Non, la France n’a jamais été un pays « multiculturel », mais un pays « multiethnique ».
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Il est vrai que le confinement n’est pas le même pour tout le monde. Même en cas de crise sanitaire, la lutte des classes a de beaux restes. Certes, à la morgue, tout le monde se ressemble, et ce virus semble apprécier particulièrement ces classes supérieures mondialisées qui partagent leurs postillons dans les aéroports. Léger sentiment de revanche chez tous les autres, en attendant d’être contaminés à leur tour. Mais à présent que chacun se retrouve face à lui-même, et face à son intérieur, il faut avouer que la sélection sociale reprend ses droits.
Aujourd’hui, dans notre pays, le juif a été remplacé par le musulman. Il ne s’agit pas d’introduire une concurrence nauséabonde entre minorités. Mais plutôt de tirer les leçons d’un passé qui ne passe pas.
Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ce beau cri du cœur est devenu le plus triste des chantages : Par la magie du nombre, la magie du budget, vous luttez contre la délinquance et les inégalités, vous luttez contre la misère et les injustices. Qui n’en convient pas est un complice des exploiteurs. Mais s’y lit également une curieuse pétition de principe libertaire : Il faut fermer les prisons, toutes les prisons, car l’éducation – et même la rééducation – est la solution. Et qui n’adhèrerait pas à cette croyance est coupable – le terme est à la mode – de dérive sécuritaire.
Il existe en France des discriminations, des injustices. On peut ajouter que la destruction de l’école constitue la plus immense des injustices puisqu’elle pénalise en premier lieu ceux dont elle était le seul bien, les enfants de milieu défavorisé, et parmi eux, plus encore, ceux dont les parents ne parlent pas le français.
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Les jeunes gens qui n’ont pas la moindre notion d’histoire ou d’histoire des idées, incapables, par ignorance, par démission de l’école, de s’inscrire dans cette généalogie qui est celle de l’humanisme et des Lumières, n’ont aucune chance de se sentir français puisque être Français, c’est être héritier de cette histoire. Nous les avons privés de leur héritage.
On peut avoir toutes les couleurs de peau, venir des confins du monde, et être citoyen français. Mais ce qui distingue la République française des autres démocraties libérales est justement qu’elle est un peu moins libérale puisqu’elle unit ces gens de toutes les origines en un peuple partageant une même culture.