Le bonheur de simplement apercevoir un lièvre ou un oiseau n’a pas de prix.

À lire aussi de Natacha Polony

Le « terrorisme » n’est plus dans le mode d’action de poseurs de bombe déterminés, mais dans la propagande de gourous qui utilisent par des vidéos et des discours n’importe quel déséquilibré comme une bombe lancée sur des passants. Ou n’importe quel fanatique armé d’une de ces kalachnikovs qui se promène librement dans les banlieues.
Depuis trente ans, certains décrètent que, pour accueillir les nouveaux venus, il faut se dépouiller de ce qui fait de nous des français. Ils s'imaginent ainsi que l'on ne peut accueillir l'autre que si l'on n'est plus qui l'on est. C'est pourtant le contraire. Si l'on prend la définition de la nation de Renan, celle-ci est une volonté politique, un plébiscite renouvelé tous les jours, qui s'appuie sur ce qu'il appelle un "legs de souvenirs".
Le pessimiste est un empêcheur de consommer en rond. L'esprit lucide est quasiment un mauvais citoyen.
A vrai dire, le simple fait de prononcer le mot « identité » vous classe immédiatement dans la catégorie des nostalgiques d’une France blanche et chrétienne. « Identitaire » est le nouveau sceau d’infamie, le qualificatif qu’on jette à la face de celui qu’il faut faire taire parce qu’il a eu le malheur de remettre en cause le dogme d’un multiculturalisme qu’on nous présente à la fois comme préexistant (« la France a toujours été multiculturelle ») et comme seule voie vers l’égalité réelle.
Il faut savoir ce qu'a été la France pour tracer un destin et inventer ce qu'elle doit être.
Toutes les citations de Natacha Polony →

Dans la même œuvre

Il est vrai que le confinement n’est pas le même pour tout le monde. Même en cas de crise sanitaire, la lutte des classes a de beaux restes. Certes, à la morgue, tout le monde se ressemble, et ce virus semble apprécier particulièrement ces classes supérieures mondialisées qui partagent leurs postillons dans les aéroports. Léger sentiment de revanche chez tous les autres, en attendant d’être contaminés à leur tour. Mais à présent que chacun se retrouve face à lui-même, et face à son intérieur, il faut avouer que la sélection sociale reprend ses droits.
Il y a d’abord l’évidence: passer un mois enfermé dans un appartement, avec pour tout panorama la fenêtre aux rideaux blanchâtres de l’appartement d’en face, n’a rien à voir avec des vacances, ni même avec un exercice de méditation. Certes, l’opprobre est jeté sur ces Parisiens à résidence secondaire qui ont fui l’étouffement de la ville, mais après tout, c’est un réflexe archaïque : en cas de guerre (et notre Président nous l’a suffisamment répété, que nous étions en guerre) on fuit à la campagne
La fracture qui se dessine n’est pas seulement entre les villes et les campagnes. Elle s’insinue au cœur de nos vies. Entre ceux qui doivent continuer à sortir pour travailler, certains de plein gré, d’autres contraints et forcés, et la peur au ventre. Entre ceux qui vont continuer à être payés et ceux qui n’ont plus rien. Entre ceux qui, confinés chez eux, sont au chômage technique et ceux qui doivent, depuis leur ordinateur, assurer le même travail que s’ils étaient au bureau, dans un pays en état de marche. Entre ceux, enfin, qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas.