Il y a d’abord l’évidence: passer un mois enfermé dans un appartement, avec pour tout panorama la fenêtre aux rideaux blanchâtres de l’appartement d’en face, n’a rien à voir avec des vacances, ni même avec un exercice de méditation. Certes, l’opprobre est jeté sur ces Parisiens à résidence secondaire qui ont fui l’étouffement de la ville, mais après tout, c’est un réflexe archaïque : en cas de guerre (et notre Président nous l’a suffisamment répété, que nous étions en guerre) on fuit à la campagne

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Nous avons tous besoin de modèles, de nous identifier à d'Artagnan, Cyrano ou Julien Sorel. Si l'école ne leur donne pas cette possibilité-là, nos jeunes iront chercher leurs modèles ailleurs, dans les jeux vidéo, les blockbusters américains et au sein de l'État islamique. Il faut redonner du sens et développer un humanisme nouveau, c'est-à-dire une très haute idée de ce qu'est l'être humain et de ce que doit être sa vie.
Le « terrorisme » n’est plus dans le mode d’action de poseurs de bombe déterminés, mais dans la propagande de gourous qui utilisent par des vidéos et des discours n’importe quel déséquilibré comme une bombe lancée sur des passants. Ou n’importe quel fanatique armé d’une de ces kalachnikovs qui se promène librement dans les banlieues.
Il est vrai que le confinement n’est pas le même pour tout le monde. Même en cas de crise sanitaire, la lutte des classes a de beaux restes. Certes, à la morgue, tout le monde se ressemble, et ce virus semble apprécier particulièrement ces classes supérieures mondialisées qui partagent leurs postillons dans les aéroports. Léger sentiment de revanche chez tous les autres, en attendant d’être contaminés à leur tour. Mais à présent que chacun se retrouve face à lui-même, et face à son intérieur, il faut avouer que la sélection sociale reprend ses droits.
Le droit à ne pas être offensé s'est transformé, sous l'action des minorités agissantes, en injonction à se taire.
Il faut savoir ce qu'a été la France pour tracer un destin et inventer ce qu'elle doit être.
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Il est vrai que le confinement n’est pas le même pour tout le monde. Même en cas de crise sanitaire, la lutte des classes a de beaux restes. Certes, à la morgue, tout le monde se ressemble, et ce virus semble apprécier particulièrement ces classes supérieures mondialisées qui partagent leurs postillons dans les aéroports. Léger sentiment de revanche chez tous les autres, en attendant d’être contaminés à leur tour. Mais à présent que chacun se retrouve face à lui-même, et face à son intérieur, il faut avouer que la sélection sociale reprend ses droits.
La fracture qui se dessine n’est pas seulement entre les villes et les campagnes. Elle s’insinue au cœur de nos vies. Entre ceux qui doivent continuer à sortir pour travailler, certains de plein gré, d’autres contraints et forcés, et la peur au ventre. Entre ceux qui vont continuer à être payés et ceux qui n’ont plus rien. Entre ceux qui, confinés chez eux, sont au chômage technique et ceux qui doivent, depuis leur ordinateur, assurer le même travail que s’ils étaient au bureau, dans un pays en état de marche. Entre ceux, enfin, qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas.
Le bonheur de simplement apercevoir un lièvre ou un oiseau n’a pas de prix.