Et l'on se prend à détester ce quadragénaire conformiste qui, en modelant la cire, manipule une toute jeune fille à des fins sans rapport avec l'art ni l'esthétique. Sans vouloir que l'art soit une imitation de la vie, faut-il accepter le sacrifice de la créature à l'idéologie suspecte de son créateur ?

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En outre, Degas a une passion pour la musique – Mozart, Gluck, Massenet, Gounod –, c’est sa première et principale raison de fréquenter l’Opéra avant de s’apercevoir, à travers des ballets aux chorégraphies subtiles, que, par la danse, « la musique devient dessin ».
Pense à l'avenir: contresens absolu du réconfort. L'avenir, c'est la mort.
L’amour c’est vivre dans l’imagination de quelqu’un. Une fiction, oui. Et alors ? Être aimée, c’est devenir une héroïne. L’amour c’est un roman que quelqu’un écrit sur vous. Et réciproquement. Il faut que ce soit réciproque sinon c’est l’enfer.
La danse me fait pleurer souvent, je ne sais pas pourquoi. Peut-être est-ce l'art qui me dit le mieux que je vais mourir. Peut-être est-ce l'art qui me dit le mieux que je suis vivante. Ou bien me permet-il seulement de "danser sur mes deuils"
Je voudrais tellement être un homme, parfois. Ça me reposerait.
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Je ne suis pas hantée par l'exactitude, je laisse ma mémoire avoir de l'imagination.
Edgar Degas n'a pas la réputation d'un Renoir ou d'un Corot, pour qui une oeuvre est achevée quand on a envie de coucher avec le modèle.
La danse n'est pas un conte de fées, c'est un métier pénible. Cendrillons sans marraine, les petits rats ne deviennent pas des princesses, et leurs cochers sans carrosse restent des souris grises comme le coutil de leurs chaussons.
Le petit rat ne cesse de répéter jusqu'à épuisement les mêmes gestes, le sculpteur fait, défait et refait sans cesse des modelages toujours imparfaits.
C'est toujours une chose étrange, dans une fratrie, de voir le destin broder différemment sur le canevas des mêmes souffrances.