Elle rôde, s'insinue, s'approche, s'éloigne, revient sur la pointe des pieds et, si je tends la main, disparaît - une Parole. Je n'aperçois que sa crête orgueilleuse : Cri. Christ, cristal, crime, Crimée, critique, Christine, critère ?

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Chaque nuit est une paupière que les épines n'arrivent pas à traverser.
Note sereine, qui avance par un pays de neige et d'ailes, entre des précipices et des cimes où les astres aiguisent leurs couteaux, et que seul accompagne un murmure grave de traîne veloutée - où te diriges-tu ?
J'ai dit qu'habituellement ils se présentent en noir. Je dois ajouter que c'est un noir épais, semblable à la fumée du charbon. Cette circonstance leur permet tous accouplements, agglutinations, séparations, ramifications.
Mes yeux te tiennent suspendue comme la lune la marée embrasée. A tes pieds l'écume égorgée chante le chant de la nuit qui commence.
Je dégorge toutes les paroles, tous les credo, tous ces aliments froids dont ils nous ont gavés depuis le début.
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Dans la même œuvre

L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.
J'écoute les pas étouffés de l'aurore qui s'insinue par les fentes, fille maigre et perverse qui jette une lettre pleine d'insinuations et de calomnies.
Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.
Je dégorge toutes les paroles, tous les credo, tous ces aliments froids dont ils nous ont gavés depuis le début.
Parfois une lueur vivace croise l'obscurité, un coup d'aile vert, écaillé. C'est le Cri, qui sort un moment dans l'air, respire et plonge à nouveau dans les profondeurs.