Je suis la blessure qui ne se cicatrise pas, la petite pierre solaire: si tu me frôles, le monde s'incendiera.
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Chaque nuit est une paupière que les épines n'arrivent pas à traverser.
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Je me replie. Je rentre en moi par mon oreille gauche. Mes pas retombent dans la solitude de mon crâne qu'illumine seule une constellation grenat. Je parcours à tâtons l'énorme salle démantelée. Portes murées, fenêtres condamnées.
La création poétique est d'abord violence faite au langage, son premier acte est de déraciner les mots.
Le fou écarte les barreaux de l'espace et saute en lui-même. Il disparaît d'emblée en s'avalant.
Le feu de l'enfer est un feu froid.
Dans la même œuvre
L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.
J'écoute les pas étouffés de l'aurore qui s'insinue par les fentes, fille maigre et perverse qui jette une lettre pleine d'insinuations et de calomnies.
Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.
Je dégorge toutes les paroles, tous les credo, tous ces aliments froids dont ils nous ont gavés depuis le début.
Parfois une lueur vivace croise l'obscurité, un coup d'aile vert, écaillé. C'est le Cri, qui sort un moment dans l'air, respire et plonge à nouveau dans les profondeurs.